Marseille : Des riverains déposent plainte contre une pollution « invisible » aux portes des calanques

POLLUTION Des riverains ont déposé plainte contre X pour une pollution aux métaux lourds d'une ancienne usine aux portes des calanques à Marseille (Bouches-du-Rhône)

20 Minutes avec AFP

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L'ancienne usine Legré Mante se situe juste derrière le port de la madrague de Montredon à Marseille.
L'ancienne usine Legré Mante se situe juste derrière le port de la madrague de Montredon à Marseille. — Boris Horvat AFP
  • Des riverains ont déposé plainte contre X pour une pollution aux métaux lourds d’une ancienne usine à Marseille.
  • Julie Andrieu, l’avocate des plaignants, explique vouloir « remonter le fil des responsabilités ».

Au pied du parc national des calanques à Marseille (Bouches-du-Rhône), scintille une eau turquoise. Mais derrière l’image de carte postale, des habitants s’inquiètent d’une pollution aux métaux lourds héritée d’un ancien site industriel fermé en 2009.

Ils sont une cinquantaine, pancarte à la main, à s’être rassemblés ce mardi sur les marches du palais de justice de Marseille, avant de déposer plainte contre X auprès du procureur pour « mise en danger de la vie d’autrui ».

« Remonter le fil des responsabilités »

« Si cette plainte ne vise personne en particulier, elle est destinée à remonter le fil des responsabilités des pouvoirs publics, de la mairie à la préfecture, en passant par le département, et les propriétaires des sites pollués », explique Julie Andrieu, l’avocate des plaignants : six associations de quartier et de défense de l’environnement ainsi que 22 habitants. « Cette pollution est bien connue des pouvoirs publics depuis des années, mais rien n’a été fait pour dépolluer le site », dénonce l’avocate.

L’usine Legré Mante implantée depuis 1784 à La Madrague-de-Montredon, un quartier du sud de Marseille, a fabriqué de l’acide tartrique utilisé principalement dans les secteurs vinicole, alimentaire et pharmaceutique, jusqu’à sa liquidation judiciaire en 2009. Depuis, la présence d’arsenic, de mercure, de trichloréthylène ou encore d’amiante à des taux dépassant les seuils recommandés ont été relevés sur le site, affirment les plaignants.

« Cette pollution ne se voit pas »

Racheté par le fonds d’investissement suisse Ginkgo, spécialisé dans la réhabilitation de sites pollués, l’ancienne zone industrielle fait l’objet d’un projet de construction d’immeubles d’habitation. « Nous ne sommes pas contre ces constructions mais nous voudrions être associés au projet et informés des travaux qui nous font craindre une plus grande exposition encore à la pollution. On ne peut pas se contenter de leur engagement à ne pas travailler les jours de vent », déplore Lionel Thierriaz, un habitant.

Le problème de « cette pollution c’est qu’elle ne se voit pas. Des baigneurs viennent tous les jours s’allonger sur des crassiers (résidus provenant d’usine métallurgique) car ils ne voient que l’image paradisiaque », souligne Me Andrieu.