Nice: Une cinquantaine de plaintes de membres de la diaspora tchétchène contre Christian Estrosi

REACTION Le maire de Nice fait l’objet de ces signalements pour « incitation à la haine »

20 Minutes avec AFP

— 

Des propos du maire de Nice sont en cause
Des propos du maire de Nice sont en cause — LIONEL URMAN/SIPA
  • Des plaintes pour incitation à la haine visant le maire de Nice ont été déposées par des membres de la diaspora tchétchène.
  • Après des violences, Christian Estrosi avait déclaré que « la communauté tchétchène, face à d’autres communautés, lutte pour avoir le monopole du marché de la drogue ».

Ils se disent indignés par l’amalgame fait entre leur communauté et les trafiquants de drogue après des violences. Une cinquantaine de plaintes pour incitation à la haine visant le maire de Nice ont été déposées par des membres de la diaspora tchétchène.

Un courrier type a débouché sur le dépôt « de plaintes sur ce chef d’infraction émanant d’une cinquantaine de personnes d’horizons géographiques différents à ce jour », a précisé le procureur de la République de Nice Xavier Bonhomme.

Le 16 juin, après des violences à Dijon et à Nice, Christian Estrosi avait déclaré sur BFMTV que « dans un certain nombre de quartiers de France, la communauté tchétchène, face à d’autres communautés, lutte pour avoir le monopole du marché de la drogue ».

Une première plainte prévue puis abandonnée

A Nice, des familles habitant des résidences HLM et disant souffrir au quotidien de la violence liée au trafic de drogue, s’étaient offusquées d’être pointées du doigt. Des associations niçoises regroupant des membres de la diaspora tchétchène avaient alors annoncé une plainte contre le maire, avant d’y renoncer après avoir été reçues par Christian Estrosi dès le lendemain, en pleine campagne pour le second tour des municipales.

« Nous avons rencontré le maire qui nous a manifesté son regret d’avoir stigmatisé toute une partie de nos concitoyens, ce n’était pas son but. Nous espérons que de tels propos ne se reproduisent plus », avait indiqué la présidente de France Caucase Noura Makaïeva.

Lors de la réunion, Christian Estrosi « a insisté sur les dangers du communautarisme », selon la ville. « Sans stigmatiser quelque communauté que ce soit, il a rappelé [que] de telles opérations punitives ne peuvent être tolérées. Quelle que soit la provocation, on ne peut accepter des scènes d’une telle violence », a encore pointé la mairie.

Une série de violences mi-juin

Les 10, 11 et 14 juin, à Nice, une simple altercation dans une impasse bloquée par des vendeurs de drogue à l’aide de conteneurs à poubelles avait dégénéré en violences, avec des coups de barre de fer et des blessés par balle et à l’arme blanche.

Deux suspects avaient été rapidement écroués pour tentative d’homicide en bande organisée, l’un né en France et l’autre à Lisbonne. Un troisième homme, âgé de 37 ans, de nationalité russe et né au Daguestan, a été placé en détention provisoire et mis en examen pour violences aggravées, selon une proche du dossier. Quatre autres sont convoqués en comparution immédiate en juillet pour port prohibé d’un couteau.