Coronavirus à Montpellier : Les propriétaires du logement qu'une infirmière avait dû quitter en pleine pandémie ont été relaxés

COVID-19 Le couple a simplement été condamné à 50 € d’amende avec sursis pour « dégradation » légère d’un bien

N.B. avec AFP

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Au tribunal correctionnel de Montpellier (illustration)
Au tribunal correctionnel de Montpellier (illustration) — N. Bonzom / Maxele Presse
  • L’affaire avait éclaté au plus fort de la pandémie de Covid-19, au début du mois d’avril.
  • Une enquête avait été ouverte par le parquet, et les propriétaires de ce logement avaient été placés en garde à vue.
  • Ce couple, une femme de 76 ans et son compagnon de 80 ans, contre lesquels des peines d’un à trois mois de prison avec sursis avaient été requises, a simplement été condamné à 50 € d’amende avec sursis pour « dégradation » légère d’un bien.

Les propriétaires du logement, qu’une infirmière de l’Hérault avait indiqué avoir été obligée de quitter à cause de son métier, ont été relaxés ce lundi après-midi par le tribunal correctionnel de Montpellier (Hérault). L'affaire avait éclaté au plus fort de la pandémie de Covid-19, au début du mois d’avril. Une enquête avait été ouverte par le parquet, et les propriétaires de ce logement avaient été placés en garde à vue.

Ce couple, une femme de 76 ans et son compagnon de 80 ans, contre lesquels des peines d’un à trois mois de prison avec sursis avaient été requises, a simplement été condamné à 50 € d’amende avec sursis pour « dégradation » légère d’un bien.

Le tribunal n’a pas retenu le lien entre le conflit avec la locataire et son métier

L’ex-employée de banque et le représentant à la retraite, aux casiers judiciaires vierges, étaient notamment poursuivis pour « manœuvre, menace, voie de fait ou contrainte pour forcer une personne à quitter son lieu d’habitation » et « harcèlement ». S’ils ont reconnu un conflit avec leur locataire, notamment autour du nombre de personnes occupant leur logement, ils ont nié devant le tribunal toute relation avec le métier de leur locataire.

Le tribunal n’a pas non plus retenu ce lien et n’a pas reconnu la constitution de partie civile du CHU de Montpellier et de l’ordre départemental des infirmiers.

« Il m’a fallu aller déménager en plein confinement »

Selon le procureur André Dutil, qui a fustigé un « véritable harcèlement », la situation avait « dégénéré » lorsque cette infirmière anesthésiste du CHU de Montpellier avait installé dans son appartement sa fille, sa mère et son compagnon.

« Au départ c’était dirigé contre ma mère et ma fille », a expliqué à la barre l’infirmière anesthésiste au CHU de Montpellier, en évoquant une altercation initiale, le 23 mars, entre sa mère et la propriétaire, à propos de la présence d’un chien et du nombre d’occupants du logement situé à Montarnaud, au nord de Montpellier. « Il m’a fallu aller déménager en plein confinement, en pleine nuit », a-t-elle expliqué, affirmant avoir ainsi « accumulé de la fatigue » alors qu’elle était très sollicitée en raison de la pandémie

Jean-Christophe Legros, l’avocat des propriétaires, s’est déclaré à l’issue de l’audience satisfait de la relaxe qu’il avait réclamée, dénonçant un « emballement médiatique et judiciaire » et « une information déformée ». Le dossier avait provoqué beaucoup d’émoi au moment où les soignants étaient en première ligne contre le Covid-19.