Gendarme tué en Ariège : Le chauffard condamné à trente ans de réclusion criminelle

JUSTICE Loïc Gekiere, 34 ans, était poursuivi pour le meurtre du major Christian Rusig lors d'un contrôle routier en novembre 2016

J.R.

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Illustration de la Justice.
Illustration de la Justice. — LOIC VENANCE / AFP
  • Loïc Gekiere était jugé pour « homicide volontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique ».
  • Ce homme de 34 ans, comptant 27 condamnations à son casier judiciaire, était accusé d'avoir volontairement foncé sur le major Christian Rusig, afin d'échapper à un contrôle routier, ce qu'il a toujours contesté.
  • En première instance en 2019, la cour d'assises de Foix l'avait condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

La cour d’assises de Haute-Garonne a condamné jeudi soir à trente de réclusion criminelle, assortie d’une peine de 18 ans de sûreté, Loïc Gekiere, pour avoir percuté volontairement le major Christian Rusig lors d’un contrôle routier le 26 novembre 2016 à Tarascon-sur-Ariège, rapporte La Dépêche du Midi.

Au terme de cinq heures de délibéré, les jurés ont prononcé une peine un peu moins lourde qu’en première instance en 2019 à Foix, où l’accusé de 34 ans avait écopé de la réclusion criminelle à perpétuité.

Interdit de séjour en Ariège

Durant une semaine, la cour d’assises de Haute-Garonne a tenté de savoir si l’accusé, comptant 27 condamnations à son casier judiciaire, avait délibérément foncé sur le major Christian Rusig, patron de la brigade de gendarmerie de Tarascon, pour échapper à un contrôle routier.

Le soir du drame, vers 23 heures, le major Rusig intervenait avec un autre gendarme sur un feu de véhicule, quand ils ont aperçu la Lancia Dedra de Loïc Gekiere, interdit de séjour en Ariège depuis 2014 et ne détenant pas le permis de conduire. A la vue des gendarmes, le trentenaire a fait demi-tour, obligeant les fonctionnaires à engager une course-poursuite. Se retrouvant face au véhicule de gendarmerie, l’accusé avait foncé sur Christian Rusig, qui était descendu de son véhicule pour l’arrêter le suspect. Grièvement blessé, il était décédé quelques heures plus tard à l’hôpital Purpan à Toulouse.

L’accusé maintient ne pas avoir vu le major

Depuis son arrestation, Loïc Gekiere a toujours affirmé ne pas avoir vu le major ce soir-là, ébloui par le gyrophare des gendarmes. Une version qu’il a maintenue cette semaine devant la cour d’assises de Haute-Garonne. Mais le lourd passé judiciaire de l’accusé, ainsi que son aversion envers les forces de l’ordre, semble avoir pesé dans la décision des jurés.

L’accusé, qui avait déjà passé près de douze ans en prison, avait eu des propos glaçants lors de son arrestation le soir du drame : « Je vous l’avais dit la dernière fois, que ça ne se passerait pas comme ça. Et ce soir, c’était lui ou moi ». Des déclarations liées à une précédente arrestation en février 2016 pour interdiction de séjour en Ariège, durant laquelle il avait été violent et menaçant envers les gendarmes d’Ax-les-Thermes.

L’avocat général avait requis lors de ce procès en appel la réclusion criminelle à perpétuité.