Rennes: Deux policiers poursuivis pour avoir percuté mortellement une piétonne

ACCIDENT Agée de 21 ans, la jeune femme avait été fauchée alors qu'elle traversait sur un passage piéton

Camille Allain
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En janvier 2020, une piétonne avait été tuée sur un passage piéton de l'avenue du Sergent Maginot, à Rennes, percutée par une voiture de police.
En janvier 2020, une piétonne avait été tuée sur un passage piéton de l'avenue du Sergent Maginot, à Rennes, percutée par une voiture de police. — C. Allain / 20 Minutes

Les deux policiers qui avaient percuté mortellement une piétonne le 9 janvier 2020 à Rennes vont être poursuivis, a-t-on appris ce mercredi auprès du parquet de Rennes. « J’ai décidé d’engager des poursuites par citation directe pour homicide involontaire et blessures involontaires par imprudence », a fait savoir le procureur de la République Philippe Astruc, confirmant une information de France Bleu. Le 9 janvier, vers minuit 30, Maëva traversait l’avenue Sergent-Maginot sur un passage protégé quand elle a été percutée par une voiture de police qui partait en intervention. Elle est décédée des suites de ses blessures à l’hôpital. Un autre piéton avait été grièvement blessé.

Six mois après l’accident, le procureur de Rennes a décidé de renvoyer les deux policiers devant un tribunal, « le conducteur, en regard de la vitesse excessive, et le chef de bord en regard du non-usage du [deux tons] sur une zone dangereuse ». Il s’est appuyé sur l’enquête menée par l’IGPN pour prendre sa décision. « Il appartiendra donc au tribunal correctionnel d’apprécier dans quelques mois du principe de la responsabilité pénale de ces deux policiers dans cet accident de la route », ajoute le parquet.

Les piétons étaient masqués par un bus

Cette nuit de janvier, la brigade cynophile circulant dans un break banalisé avait été appelée pour une intervention urgente à Villejean. Empruntant le couloir central réservé aux bus, la voiture de police avait percuté les deux piétons juste avant le pont de Châteaudun. Les deux victimes venaient de descendre d’un bus. Les policiers avaient expliqué qu’ils ne les avaient pas vues, car elles étaient masquées par un autre bus qui n’avait pas marqué l’arrêt. « Les constations ont permis d’établir que le véhicule de police s’est arrêté 23 mètres après l’impact sur une route humide », révélait alors l’enquête.

Si le gyrophare semblait avoir été activé, le « deux tons » n’avait pas été enclenché. Après l’accident, des policiers avaient expliqué ne pas l’activer systématiquement en pleine nuit.