Affaire Fiona : Cécile Bourgeon ne récupère pas la garde de sa fillette née en février

DROIT DE L'ENFANT La juge des enfants a confirmé, ce lundi, le placement de l’enfant dans une famille d’accueil pour une durée d’un an

Vincent Vantighem

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Cécile Bourgeon (à gauche), au procès d'Adel Souissi, le 5 septembre.
Cécile Bourgeon (à gauche), au procès d'Adel Souissi, le 5 septembre. — Thierry Zoccolan / AFP
  • En mai 2013, la petite Fiona, 5 ans, est morte des suites de maltraitances. Sa mère, Cécile Bourgeon, et son beau-père, Berkane Makhlouf, ont affirmé qu’elle avait disparu dans un parc avant de reconnaître l’avoir en réalité enterrée.
  • Condamnée à vingt ans de réclusion criminelle en 2018, Cécile Bourgeon a, depuis, été libérée à la faveur d’une décision de la Cour de cassation. Elle doit être rejugée à la fin de l’année 2020.
  • Depuis sa sortie de prison, elle s’est remariée et a accouché d’une petite fille qui a été placée par une juge des enfants dès sa naissance.

Lors de l’audience, il y a une semaine, elle avait laissé peu d’espoir. Selon nos informations, la juge des enfants du tribunal judiciaire de Perpignan (Pyrénées-Orientales) a confirmé, ce lundi, le placement dans une famille d’accueil de M., la petite fille de Cécile Bourgeon née en février. La décision est valable pour une durée d’un an.

Libre dans l’attente d’un nouveau procès aux assises – le quatrième – pour les coups ayant entraîné la mort de sa première fillette, Fiona, en mai 2013, Cécile Bourgeon s’est remariée en décembre 2019 et a, depuis, accouché d’une petite fille. Dès sa naissance, ce bébé a été placé hors du foyer familial par une décision de justice. « J’ai estimé que, au regard des éléments sociaux qui nous ont été communiqués, il y avait un danger pour l’enfant », expliquait à 20 Minutes Jean-David Cavaillé, le procureur de la République de Perpignan, en mars. C’est donc cette décision qui a été confirmée, ce lundi.

Le procès à venir et la situation administrative du père de l’enfant

Selon nos informations, la juge a pointé deux raisons de maintenir la fillette en famille d’accueil. D’une part, le profil administratif du père de l’enfant, en situation irrégulière sur le sol français, dont les démarches de régularisation n'ont pas encore abouti. Et d’autre part, le procès à venir de Cécile Bourgeon. Toujours poursuivie pour les coups ayant entraîné la mort de Fiona, en 2013, sans intention de la donner, elle doit être jugée en appel par la cour d’assises du Rhône du 1er au 18 décembre 2020.

La petite fille dont Cécile Bourgeon réclamait la garde aujourd’hui est son quatrième enfant. Lors de son procès en première instance en 2016 à Riom, la cour d’assises du Puy-de-Dôme lui avait retiré l’autorité parentale sur ses deux autres enfants, la petite sœur de Fiona et un petit garçon qu’elle avait eu avec Berkane Makhlouf, lui aussi accusé d’avoir violenté la petite Fiona.

« J’ai le droit d’être enceinte si je veux ! »

Lors des débats, Cécile Bourgeon avait choqué l’opinion publique en assurant, depuis son box, qu’elle voulait, à l’avenir, avoir d’autres enfants en dépit du fait qu’elle était accusée d’avoir porté des coups mortels sur Fiona. « J’ai des droits de citoyenne. J’ai le droit d’être enceinte si je veux ! » avait-elle notamment lancé.

Elle avait également annoncé que, si elle était libérée, elle prendrait sa voiture pour chercher sans relâche « l’endroit où se trouve le corps de Fiona ». Toxicomane à l’époque des faits, la mère assure, en effet, ne plus se souvenir de l’endroit où elle a enterré sa fillette de 5 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé. Pour cela, elle encourt toujours une peine de trente ans de réclusion criminelle.