Affaire Maëlys : Nordahl Lelandais bientôt poursuivi pour le viol de la petite fille ?

JUSTICE La Cour de cassation a rejeté ce mercredi deux pourvois formés par Nordahl Lelandais, meurtrier présumé de la petite Maëlys en 2017

20 Minutes avec AFP

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Le lieu de mémoire pour Maëlys de Araujo devant la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin, en Isère, le 15 février 2018.
Le lieu de mémoire pour Maëlys de Araujo devant la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin, en Isère, le 15 février 2018. — Elsa Frisullo / 20 Minutes

Nordahl Lelandais a vu deux pourvois rejetés par la Cour de cassation, ce mercredi. Cette décision ouvre la possibilité de poursuivre pour viol le meurtrier présumé de Maëlys de Araujo en 2017. L’ancien maître-chien, âgé de 37 ans, est actuellement mis en examen pour le meurtre de la petite fille de huit ans, fin août 2017 lors d’un mariage à Pont-de-Beauvoisin (Isère), ainsi que pour des agressions sexuelles commises sur deux petites-cousines quelques semaines auparavant, âgées de quatre et six ans au moment des faits.

En septembre 2019, le parquet de Grenoble avait pris des réquisitions supplétives après avoir été informé, par l’administration pénitentiaire, de confidences qu’aurait recueillies un codétenu de Nordahl Lelandais, auquel celui-ci aurait dit avoir violé la fillette.

Le témoignage d’un codétenu en question

Le mois suivant, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble avait fermé cette porte-là dans une décision que le parquet général a contestée en cassation. De son côté, la défense de Lelandais réfutait la présence au dossier du témoignage du co-détenu de la prison de Saint-Quentin-Fallavier (Isère). Ces deux recours ont été joints.

Dans son arrêt, la Cour de cassation estime d’une part que le réquisitoire supplétif du parquet a été fait dans les règles, en rejetant d’autre part la demande de Lelandais. « Cela va permettre aux juges d’instruction de reconvoquer Nordahl Lelandais, de le réentendre et, s’ils estiment que les charges sont suffisantes, de le mettre en examen pour viol », a précisé le parquet de Grenoble.

Pas d’annulation du rapport d’expertise psychologique

Dans un second arrêt, la Cour de cassation a rejeté la demande d’annulation du rapport d’expertise psychologique, rendu fin 2018, que l’avocat du mis en cause demandait au nom d’un « défaut d’impartialité et d’une atteinte à la présomption d’innocence ».

Cette expertise a été validée, dans sa version expurgée de quelques passages par la chambre de l’instruction, et sera soumise au débat contradictoire.

« Un désaveu cinglant pour la défense »

Fabien Rajon, l’avocat des parents de Maëlys, s’est dit « très satisfait » de ces décisions, dans lesquelles il voit « un désaveu cinglant pour la défense qui a tenté d’alléguer de questions procédurales pour occulter le fond du dossier et l’ensemble des éléments accablant Nordahl Lelandais ». « Nous nous acheminons vers [sa] mise en examen pour le viol de Maëlys de Araujo, conformément à nos demandes », a-t-il conclu.

L’avocat du prévenu, Alain Jakubowicz, n’a pas souhaité faire de commentaire.