Estelle Mouzin : La justice sur les terres de Fourniret pour retrouver le corps de la fillette

ENQUETE Des fouilles doivent avoir lieu, ce lundi, dans l’ancienne maison de la soeur de Michel Fourniret à Ville-sur-Lumes (Ardennes)

Vincent Vantighem

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Montage avec les photos de Michel Fourniret, à gauche, et d'Estelle Mouzin, à droite.
Montage avec les photos de Michel Fourniret, à gauche, et d'Estelle Mouzin, à droite. — Sipa/Niko/Sipa
  • Agée de 9 ans, Estelle Mouzin a disparu le 9 janvier 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne).
  • D’abord mis hors de cause en 2007, Michel Fourniret a finalement reconnu son implication dans la disparition de la fillette en novembre 2019.
  • La justice a prévu d’organiser des fouilles ce lundi au château du Sautou et dans une maison de Ville-sur-Lumes où ont vécu Michel Fourniret et Monique Olivier.

La dernière fois, les opérations ont duré des heures et des heures. Et les enquêteurs ont finalement dû creuser jusqu’à trois mètres de profondeur pour retrouver les corps de deux victimes de Michel Fourniret enfouies dans le jardin de son ancien château du Sautou, à Donchéry (Ardennes). Et pour cause, « l’Ogre » les avait ensevelies à l’aide d’une pelleteuse. C’était en 2004.

La juge d’instruction Sabine Khéris a ordonné que de nouvelles fouilles aient lieu dans deux anciens domiciles ardennais du tueur en série afin de tenter de retrouver le corps d’Estelle Mouzin, disparue en 2003 à Guermantes (Seine-et-Marne). Les opérations doivent débuter ce lundi. Les enquêteurs ont prévu de se rendre au château du Sautou où Michel Fourniret vivait avec son épouse, Monique Olivier, et aussi dans l’ancienne maison qu’il possédait à Ville-sur-Lumes (Ardennes).

Le château de Sautou appartenant au couple Fourniret a été racheté par des pharmaciens belges après la découverte de deux corps enterrés dans le domaine.
Le château de Sautou appartenant au couple Fourniret a été racheté par des pharmaciens belges après la découverte de deux corps enterrés dans le domaine. - F.NASCIMBENI/AFP

Un ticket de caisse daté du 11 janvier 2003

Ce n’est pas la première fois que des fouilles sont organisées pour tenter de retrouver le corps de la fillette dont le portrait a orné, pendant des années, les murs des commissariats. Mais la juge Khéris a de bonnes raisons de choisir de fouiller les anciens domiciles ardennais de Fourniret.

La maison de Ville-sur-Lumes est celle où a vécu la sœur du tueur, décédée quelques semaines avant l’enlèvement d’Estelle Mouzin. Selon nos informations, Michel Fourniret, lui-même, a reconnu qu'il n'était pas « improbable » qu'il ait séquestré la fillette dans ce lieu après l’avoir enlevée à Guermantes, lors d’un interrogatoire devant la juge en mars dernier.

D’autant que les enquêteurs disposent d’un autre indice : un ticket de caisse daté du 11 janvier 2003 montrant que le tueur a effectué des achats alimentaires, quatre boîtes de pois cassés, dans un supermarché à proximité de Ville-sur-Lumes. Soit deux jours à peine après l’enlèvement de la fillette. « On sait qu’à l’époque le sol était complètement gelé en raison d’une vague de froid, indique une source proche de l’enquête. On sait qu’il était impossible de creuser le sol ce qui accrédite la thèse selon laquelle Estelle Mouzin a été retenue plusieurs jours… »

Les enquêteurs persuadés qu’il a fait d’autres victimes

Prévues pour durer deux à trois jours, les fouilles ordonnées par la juge Khéris devraient également concerner l'ancien château du Sautou où Michel Fourniret et Monique Olivier ont vécu, après avoir dérobé le trésor du gang des postiches. C’est à cet endroit que les enquêteurs avaient découvert les corps de deux victimes du tueur peu de temps après son arrestation en 2004.

Condamné plusieurs fois à la réclusion criminelle à perpétuité, Michel Fourniret a jusqu’ici avoué onze meurtres. Mais les enquêteurs sont persuadés qu'il a fait d'autres victimes, notamment dans les années 1990. Mis hors de cause une première fois en 2007, il a ainsi attendu novembre 2019 pour reconnaître sa participation à l’enlèvement d’Estelle Mouzin. Agé de 78 ans, il purge actuellement sa peine à la prison d’Ensisheim (Haut-Rhin) mais souffre de troubles neurologiques dégénératifs. 

Selon nos informations, la juge Khéris n’exclut par, par la suite, d’organiser une seconde série de fouilles à Clairefontaine-en-Yvelines, dans une ancienne carrière de sable, à proximité de laquelle le tueur a également vécu dans les années 1980.