Affaire des kits de campagne : Le FN condamné à 18.750 € d’amende pour « recel d’abus de biens sociaux » de l’Etat

JUGEMENT Le procès s’était tenu en novembre 2019 et avait duré trois semaines

20 Minutes avec AFP

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Marine Le Pen et Gilbert Collard en 2017 à l'Assemblée.
Marine Le Pen et Gilbert Collard en 2017 à l'Assemblée. — ALAIN JOCARD / AFP

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné le Front national (FN) ce mardi dans l’affaire des kits de campagne du FN aux législatives de 2012. Le parti, devenu Rassemblement national (RN), doit payer une amende de 18.750 € pour « recel d’abus de biens sociaux » de l’Etat.

Le tribunal a en revanche relaxé le parti de la principale accusation dans ce dossier, celle d’avoir mis en place une escroquerie de surfacturation des kits de campagne de ses candidats remboursés par l’Etat. Il a toutefois condamné un proche de Marine Le Pen et un député européen pour une escroquerie aux prêts fictifs réalisée en marge de ce système.

Bras de fer

Les sept protagonistes et trois personnes morales, dont le FN, avaient balayé les accusations lors du procès en novembre 2019, qui a décortiqué, trois semaines durant, les coulisses du financement du parti, rebaptisé depuis Rassemblement national (RN).

Le parquet de Paris avait requis une amende de 500.000 € contre le FN, tandis que l’avocat de l’Etat avait réclamé 11,6 millions d’euros de dommages et intérêts, correspondant aux dépenses électorales remboursées par l’argent public. Tenant pour responsable le président Emmanuel Macron et le Premier ministre Edouard Philippe, le RN avait dénoncé sur Twitter une « volonté de ces politiciens de tuer le RN plutôt que de le laisser gagner dans les urnes ! »

A l’origine de l’affaire, le microparti Jeanne, qui prêtait le montant du kit et les intérêts du prêt aux candidats qui lui rendaient immédiatement l’argent en achetant le matériel. Cet « aller-retour comptable » permettait au microparti, quasi dénué de fonds propres, d’avancer presque 9 millions d’euros. Il attendait ensuite le remboursement étatique pour payer Riwal, son unique intermédiaire auprès des imprimeurs.