Affaire Fiona : Cécile Bourgeon saura le 22 juin si elle récupère la garde de sa fille

PROTECTION DE L’ENFANT Libre dans l’attente d’un quatrième procès aux assises, Cécile Bourgeon a réclamé, ce lundi, la garde de sa dernière fille, née en février

Vincent Vantighem

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Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012.
Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012. — Thierry Zoccolan/AFP
  • En mai 2013, la petite Fiona, 5 ans, est morte des suites de maltraitances. Sa mère, Cécile Bourgeon, et son beau-père, Berkane Makhlouf, ont affirmé qu’elle avait disparu dans un parc avant de reconnaître l’avoir en réalité enterrée.
  • Condamnée à vingt ans de réclusion criminelle en 2018, Cécile Bourgeon a, depuis, été libérée à la faveur d’une décision de la Cour de cassation. Elle doit être rejugée à la fin de l’année 2020.
  • Depuis sa sortie de prison, elle s’est remariée et a accouché d’une petite fille qui a été placée par une juge des enfants dès sa naissance.

Selon une source proche du dossier, l’ambiance était « tendue » dans le bureau de la juge des enfants, ce lundi. Cécile Bourgeon a réclamé  la garde de sa petite fille née en février lors d’une audience à huis clos au tribunal judiciaire de Perpignan (Pyrénées-Orientales). Selon nos informations, la magistrate a mis sa décision en délibéré au lundi 22 juin mais n’a laissé guère d’espoir à la jeune femme aujourd’hui âgée de 32 ans et qui a quitté le palais de justice sans prononcer un mot.

Libre dans l’attente d’un nouveau procès aux assises – le quatrième – pour les coups ayant entraîné la mort de sa première fillette, Fiona, en mai 2013, Cécile Bourgeon s’est remariée en décembre 2019 et a, depuis, accouché d’une petite fille. Dès sa naissance, ce bébé a été placé hors du foyer familial par une décision de justice. « J’ai estimé que, au regard des éléments sociaux qui nous ont été communiqués, il y avait un danger pour l’enfant », expliquait à 20 Minutes, Jean-David Cavaillé, le procureur de la République de Perpignan, en mars.

Le père de l’enfant en situation irrégulière

Selon nos informations, la décision du placement de la fillette repose, pour la justice, sur deux arguments. Le premier est la proximité du prochain procès de Cécile Bourgeon au cours duquel elle encourt une peine de trente ans de réclusion criminelle. Il est prévu du 1er au 18 décembre. Le second est la situation administrative du père de l’enfant. Ressortissant algérien, il est aujourd’hui en situation irrégulière en France, dans l’attente que sa situation se régularise.

La petite fille qu’ils ont eue est le quatrième enfant de Cécile Bourgeon. Lors de son procès en première instance en 2016 à Riom, la cour d’assises du Puy-de-Dôme lui avait retiré l’autorité parentale sur ses deux autres enfants, la petite sœur de Fiona et un petit garçon qu’elle avait eu avec Berkane Makhlouf, lui aussi accusé d’avoir violenté la petite Fiona.

« J’ai le droit d’être enceinte si je veux ! »

Lors des débats, Cécile Bourgeon avait choqué l’opinion publique en assurant, depuis son box, qu’elle voulait, à l’avenir, avoir d’autres enfants en dépit du fait qu’elle était accusée d’avoir porté des coups mortels sur Fiona. « J’ai des droits de citoyenne. J’ai le droit d’être enceinte si je veux ! » avait-elle notamment lancé.

Elle avait également annoncé que, si elle était libérée, elle prendrait sa voiture pour chercher sans relâche « l’endroit où se trouve le corps de Fiona ». Toxicomane à l’époque des faits, la mère assure, en effet, ne plus se souvenir de l’endroit où elle a enterré sa fillette de 5 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé.