Besançon : Un magistrat soupçonné d’avoir proposé sa fille de 12 ans sur un site libertin

JUSTICE Un ancien juge des enfants a été mis en examen, soupçonné d'avoir proposé à des inconnus sur Internet des relations sexuelles avec sa fille de 12 ans

G.V. avec AFP
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Le symbole de la justice (illustration)
Le symbole de la justice (illustration) — Pixabay

C’est le site Internet libertin lui-même qui a averti la justice… Un magistrat de Dijon a été mis en examen à Besançon soupçonné d’avoir proposé sur Internet, à des inconnus, des relations sexuelles avec sa fille de 12 ans. L’individu a été mis en examen vendredi dernier pour « provocation non suivie d’effets à la commission de crime de nature sexuelle contre des mineurs », faits passibles de sept ans de prison. Il a été laissé libre sous contrôle judiciaire, a indiqué le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux.

Le suspect, ancien juge pour enfants, âgé de 55 ans, a reconnu avoir effectivement proposé des relations sexuelles avec sa fille mais affirme que cela relevait de purs « fantasmes » et qu’aucun passage à l’acte n’a eu lieu, ce que l’enquête semble avoir confirmé, a indiqué le procureur, confirmant des informations d’Europe 1.

Aucun passage à l’acte selon l’enquête

L’affaire a démarré lorsqu’un site libertin proposant des rencontres entre adultes consentants « signale à la justice qu’un individu ne se contente pas de proposer des rencontres entre adultes mais proposerait que sa fille de 12 ans soit associée aux ébats sexuels », a expliqué le procureur. Une enquête est alors ouverte et confiée à l’office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP), basée à Paris.

Les premières investigations permettent de déterminer que le compte proposant l’annonce incriminée appartient à un couple de magistrats dijonnais, friands de soirées libertines. L’affaire est alors dépaysée à Besançon, dont le parquet ouvre en janvier une information judiciaire pour corruption de mineur de moins de 15 ans.

Les perquisitions menées au domicile et dans les bureaux du couple à Dijon début juin « ont permis d’objectiver l’ensemble de ces faits », a précisé le procureur. L’épouse, également magistrate à Dijon, est « hors de cause » car le juge « a expliqué être l’auteur unique des messages » proposant la fille du couple, « expliquant qu’il s’agissait uniquement d’une sphère fantasmatique, ce qui semble confirmé par les autres éléments de l’enquête », a ajouté le procureur. « L’enquête n’a montré aucun passage à l’acte » avec la jeune adolescente, a-t-il poursuivi.

Selon Europe 1, la Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, « a saisi jeudi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) en vue de prononcer la suspension temporaire de ce juge ».