Affaire Zineb Redouane : Selon les experts, la grenade à l’origine de la mort de l’octogénaire tirée dans les règles

EXPERTISES Des conclusions d’expertise « totalement scandaleuses » selon les avocats des enfants de la victime, décédée après avoir reçu un tir de gaz lacrymogène en marge de l’acte 3 des « gilets jaunes » à Marseille

20 Minutes avec AFP
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Lors d'un hommage rendue à Zineb Redouane à Marseille.
Lors d'un hommage rendue à Zineb Redouane à Marseille. — CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

En décembre 2018, Zineb Redouane, une octogénaire, était décédée à l’hôpital de Marseille, 24 heures après avoir été touchée de plein fouet par une grenade lacrymogène tirée par la police en plein acte 3 des «gilets jaunes».

Elle avait reçu le projectile alors qu’elle était en train de fermer une fenêtre de son appartement dans le centre-ville. Le rapport d’expertise remis dans le cadre de l’enquête sur sa mort conclut que le tir de grenade lacrymogène a été effectué dans les règles et l’a atteinte accidentellement, ont indiqué les avocats de la famille.

« Ce rapport affirme deux choses. La première, c’est que vu la distance et les obstacles dans le champ de vision du tireur, rien ne permet d’affirmer qu’il pouvait voir la victime », a expliqué à l’AFP Brice Grazzini, l’avocat du fils de la victime, confirmant des informations du Monde.

Expertises « scandaleuses »

« La deuxième, c’est que l’arme a été utilisée selon les prescriptions de la police nationale. Mais est-ce qu’on ne commet pas une faute d’imprudence caractérisée à partir du moment où l’on tire en direction d’un bâtiment habité ? Cet aspect, l’expertise ne l’aborde absolument pas », a ajouté l’avocat pour qui la question de la responsabilité du fonctionnaire reste donc entière.

Le rapport d’expertise indique que le CRS à l’origine du tir de grenade, identifié par la vidéosurveillance, a « nécessairement effectué un tir en direction de la façade de l’immeuble de la victime » mais que la grenade « a atteint la victime de manière totalement accidentelle ».

Des conclusions « totalement scandaleuses » pour maître Yassine Bouzrou, l’avocat de la fille de la victime. « On a un tir effectué à 37 mètres de distance, avec une trajectoire de bas en haut, et l’expert arrive à soutenir qu’il est fait dans les règles ! On a affaire à un tir tendu, et non en cloche, effectué par un policier qui ne peut pas ignorer qu’il peut y avoir des habitants dans l’immeuble », dénonce le défenseur qui pointe un « pseudo-expert » dont il compte demander « la radiation ».