Annecy : Trois ans de prison ferme pour adolescente qui avait brûlé sa camarade au visage

VERDICT Une peine conforme aux réquisitions du procureur, qui a écarté l'hypothèse du harcèlement scolaire à l'origine de cette agression

C.G. avec AFP

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Une statue représentant la justice (image d'illustration).
Une statue représentant la justice (image d'illustration). — Pixabay

Une jeune fille, âgée de 18 ans, a été condamnée mercredi soir à 5 ans de prison dont 3 ans ferme par le tribunal d’Annecy pour avoir gravement brûlé au visage l’une de ses camarades. Les faits remontent à 2017 quand la prévenue était âgée de 15 ans et la victime, de 14 ans. L’agression avait eu lieu au mois le 24 mai dans l’enceinte du collège, pendant une pause entre deux cours.

Les deux protagonistes étaient mineures au moment des faits, l’audience s’est déroulée devant le tribunal pour enfants en formation criminelle, à huis clos, durant trois jours. La première, sans antécédent judiciaire, était poursuivie pour « violences avec arme ayant entraîné une infirmité permanente ». Elle encourait au maximum 15 ans de prison, que l’excuse de minorité divise par deux.

« Aucune explication, c’est le plus décevant »

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet. « La peine n’était pas le sujet pour la victime et sa famille, qui ne cherchaient pas la vengeance. Elles voulaient le pourquoi du comment. On n’a eu aucune explication et c’est le plus décevant », a déclaré Me Laurent Bizien, pour qui « on ne peut pas se réjouir d’un tel procès. Le procès pénal n’est qu’une étape. Elles vont devoir vivre avec la souffrance et aucune peine prononcée ne peut apaiser cela ». La victime a été brûlée sur « plus de 30 % de son corps ». Son quotidien est « un enfer », a souligné son entourage, sans compter les nombreuses opérations encore à venir.

Pour la défense, « c’est un immense gâchis des deux côtés (…). Il faut maintenant panser les blessures même si le mal causé n’est pas réparable », a estimé Me Archibald Celeyron, ajoutant que les « souffrances vécues » par sa cliente lors de sa scolarité « n’excuse[nt] pas les faits commis mais donne[nt] des éléments de compréhension ». La prévenue avait exprimé auprès d’adultes et de l’administration scolaire, les difficultés relationnelles qu’elle entretenait avec la victime. Elle avait indiqué être la cible de harcèlement. Un point que n’a néanmoins pas retenu le procureur

Si la question du harcèlement scolaire a occupé une journée des débats, elle ne faisait pas partie du dossier dont le tribunal était saisi. Le parquet dans son réquisitoire a estimé que le harcèlement n’était « pas caractérisé ».