Rennes: Cinq hommes condamnés pour avoir monté un empire du streaming sportif

JUSTICE Cinq hommes étaient poursuivis pour avoir créé une trentaine de sites diffusant du contenu sportif

C.A. avec AFP

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Illustration de caméras posées au bord d'un terrain de Ligue 1.
Illustration de caméras posées au bord d'un terrain de Ligue 1. — P. Huguen / AFP

Tous coupables. Ce lundi, le tribunal correctionnel de Rennes (Ille-et-Vilaine) a condamné cinq hommes accusés d'avoir créé un empire du streaming sportif. Agés de 43 à 57 ans, les prévenus avaient ouvert une trentaine de sites diffusant du contenu sportif en ligne, au préjudice des chaînes payantes. Canal+, beIN Sports et SFR s’étaient portées partie civile dans cette affaire.

Depuis « au moins 2014 », les cinq hommes avaient ouvert plusieurs sites en ligne diffusant du football, mais aussi du basket et du rugby en streaming. L’audience était considérable avec environ 7,5 millions de visiteurs connectés sur la période de décembre 2014 à septembre 2017 rien qu’en France, classant la plateforme au 780e rang des sites les plus consultés. Grâce à un logiciel spécial, les prévenus capturaient le flux vidéo de leur abonnement Canal+, beIN Sports ou RMC Sports, pour le retransmettre vers un serveur.

« Flics, coupe tout »

Le créateur des sites, Olivier O., 46 ans, habitant près de Rennes, a écopé d’une peine de 12 mois de prison dont six mois avec sursis, a-t-on appris auprès du tribunal. Il a été condamné pour reproduction ou diffusion non autorisée de programme ou vidéogramme. Le tribunal a ordonné la confiscation de son véhicule et de ses comptes bancaires.

Lors de l’audience, l’homme avait contesté une grande partie des faits. Mais lors de sa garde à vue, un message envoyé à l’un des prévenus semblait clair : « Flics, coupe tout ». « Il a toujours reconnu sa participation. Il a envie de tourner la page », a déclaré son avocate Me Hélène Laudic-Baron, en évoquant une « condamnation mesurée » eu égard aux confiscations.

« Dans l’esprit Robin des Bois »

Yannick T., informaticien de 43 ans, rémunéré 55.000 euros entre 2014 et 2018 pour diffuser des matchs et administrer les sites, a lui écopé d’une peine de six mois avec sursis, avec confiscation de son véhicule et de ses comptes bancaires. Jean-Éric M., 57 ans, qui disait avoir agi « dans l’esprit Robin des Bois », a été condamné à une amende de 20.000 euros dont 10.000 euros avec sursis, à l’instar d’Alexandre G., 43 ans. Franck C., 48 ans, originaire de Roubaix (Nord), qui disait avoir été pris pour un « nigaud », a été condamné à 5.000 euros avec sursis.

La société Canal+, qui réclame 29,9 millions d’euros de dommages et intérêts aux prévenus, devra attendre pour connaître le montant. Le tribunal a renvoyé l’audience sur les intérêts civils au 15 octobre. « C’est là que vont se jouer les choses », souligne Me Laudic-Baron, estimant que « la manière dont sont présentées les conséquences financières de la contrefaçon a été surestimée par les parties civiles ».