Procès du Mediator : Le groupe Servier a présenté ses « regrets extrêmement sincères et profonds »

JUSTICE Les plaidoiries des parties civiles de ce procès-fleuve sont attendues à partir de ce mardi

B.C. avec AFP

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Interrompu mi-mars, le procès en correctionnelle du scandale du Mediator a repris le 2 mars.
Interrompu mi-mars, le procès en correctionnelle du scandale du Mediator a repris le 2 mars. — VALINCO/SIPA

C’est le président de Servier en personne qui s’en est chargé. Olivier Laureau a présenté ce lundi « ses excuses » et ses « regrets extrêmement sincères et profonds » aux patients ayant utilisé du Mediator.

Le procès du groupe pharmaceutique, qui avait commencé le 23 septembre, a repris à Paris mardi dernier après avoir été interrompu en raison de la crise du coronavirus. Le médicament est tenu pour responsable de centaines de morts, un « drame considérable », a reconnu le responsable des laboratoires pharmaceutiques devant le tribunal correctionnel.

Présenté comme un antidiabétique mais largement prescrit comme coupe-faim, le Mediator a été utilisé par plus de cinq millions de personnes pendant les trente-trois ans de sa commercialisation, jusqu’à son retrait du marché en novembre 2009. Il aurait provoqué de graves lésions cardiaques et de nombreux décès.

Des effets secondaires que le groupe Servier est soupçonné d’avoir sciemment dissimulés, ce dont la firme s’est toujours défendue. La maison mère comparaît notamment, avec neuf sociétés du groupe, pour « tromperie aggravée », « escroquerie » et « homicides et blessures involontaires ».

Réquisitions attendues les 23 et 24 juin

L’Agence nationale de sécurité du médicament est de son côté renvoyée devant la justice pour avoir tardé à suspendre ce médicament malgré les alertes répétées.

« Nous avons commis une erreur d’analyse, d’appréciation du risque qui a conduit à ce drame », a assuré Olivier Laureau, lors de « l’interrogatoire de personnalité » du groupe, destiné à évaluer le montant d’éventuelles amendes ou versements d’indemnités en cas de condamnation. « Le groupe a réagi en indemnisant d’abord les patients qui avaient souffert, et en procédant à des évolutions afin d’éviter qu’un tel drame puisse se reproduire. Ce qui est arrivé est à l’inverse de ce qui est notre raison d’être », a-t-il poursuivi au dernier jour des débats de ce procès-fleuve.

Les plaidoiries des parties civiles débutent ce mardi. Les réquisitions du parquet sont attendues les 23 et 24 juin. La défense aura la parole à partir du 29 juin. Le jugement sera mis en délibéré et rendu l’an prochain.