Paris: Un homme se prétendant naturopathe soupçonné d’homicide involontaire

INFO 20 MINUTES Les enquêteurs le soupçonne d’avoir convaincu un homme atteint d’un cancer de se soigner uniquement par des jeûnes ou des cures de jus de fruit

Caroline Politi

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Illustration du cancer.
Illustration du cancer. — Pixabay

Multiplier les cures de jus de fruits, les inhalations d’huiles essentielles ou les jeûnes pour soigner un cancer. Et surtout, éviter coûte que coûte les traitements conventionnels à l’instar des chimiothérapies ou des interventions chirurgicales. Un individu se présentant comme naturopathe a été interpellé mercredi à Paris et placé en garde à vue pour homicide involontaire, exercice illégal de la médecine et abus de faiblesse, a appris 20 Minutes de source proche du dossier. Il est soupçonné d’avoir convaincu un homme souffrant d’un cancer  de ne se soigner qu’à partir de sa « méthode ». La victime est décédée en décembre 2018, un peu plus d’un an et demi après l’avoir rencontré.

L’enquête, menée par le groupe santé de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), démarre au début de l’année 2019 après la plainte de sa veuve. Selon son récit, son mari, âgé d'une quarantaine d'années et atteint d’un cancer des testicules, a rencontré le « naturopathe », un Français originaire de Nouvelle-Calédonie, en mars 2017 par du bouche-à-oreille. Elle affirme que l'aurait d'abord convaincu de renoncer à l’ablation de son testicule et de se soigner par des cures de jus de fruits, des jeûnes ou grâce aux huiles essentielles.

Inconnu des services de police

Rapidement, le cancer métastase et se propage aux poumons et au cerveau. Mais là encore, selon sa veuve, le suspect assure au patient que ses « traitements » alternatifs sont plus efficaces qu’une chimio ou une radiothérapie. Même sur son lit d’hôpital, en phase terminale, la victime entamera, sur les conseils de ce dernier, un énième jeûne. Il décédera quelques semaines plus tard. Le mis en cause était-il convaincu du bien-fondé de sa méthode ou a-t-il profité de la faiblesse de la victime? Selon nos informations, il a indiqué, au cours de sa garde à vue, ne lui avoir jamais promis la guérison mais seulement de soulager ses symptômes. Il réfute avoir poussé son patient à se passer de la médecine traditionnelle, ainsi que l'affirme la veuve de la victime.

Inconnu des services de police, le mis en cause avait, selon les enquêteurs, tissé un réseau d’environ 150 « patients » uniquement grâce au bouche-à-oreille. Il consultait essentiellement par téléphone, souvent à l’aide d’un pendule, et se faisait payer entre 60 et 100 euros la séance ou en cadeaux. L'enquête est désormais close. Le parquet réfléchit aux suites judiciaire à donner à ce dossier.