Affaire Fiona : Cécile Bourgeon espère encore récupérer la garde de sa petite fille née en février

INFO « 20 MINUTES » Une audience devant une juge des enfants de Perpignan (Pyrénées-Orientales) est programmée le 15 juin

Vincent Vantighem

— 

Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012.
Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012. — Thierry Zoccolan / AFP
  • En mai 2013, la petite Fiona, 5 ans, est morte des suites de maltraitances. Sa mère, Cécile Bourgeon, et son beau-père, Berkane Makhlouf, ont affirmé qu’elle avait disparu dans un parc avant de reconnaître l’avoir en réalité enterrée.
  • Condamnée à vingt ans de réclusion criminelle en 2018, Cécile Bourgeon a, depuis, été libérée à la faveur d’une décision de la Cour de cassation. Elle doit être rejugée à la fin de l’année 2020.
  • Depuis sa sortie de prison, elle s’est remariée et a accouché d’une petite fille, qui a été placée par une juge des enfants dès sa naissance.

Cécile Bourgeon n’a pas perdu espoir de revoir rapidement sa petite fille née en février. Selon nos informations, la jeune femme de 32 ans compte en réclamer la garde lors d’une audience prévue le 15 juin devant une juge des enfants du tribunal judiciaire de Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Libre dans l’attente d’un quatrième procès aux assises pour les coups ayant entraîné la mort de sa première fillette, Fiona, en mai 2013, Cécile Bourgeon s’est remariée en décembre 2019 et a, depuis, accouché d’une petite fille. Dès sa naissance, ce bébé a été placé hors du foyer familial par une décision de justice. « J’ai estimé que, au regard des éléments sociaux qui nous ont été communiqués, il y avait un danger pour l’enfant », expliquait à 20 Minutes Jean-David Cavaillé, le procureur de la République de Perpignan, en mars.

La première audience sans les parents en raison du Covid-19

La situation a-t-elle changé depuis ? C’est ce que va évaluer une juge des enfants lors d’une audience prévue le 15 juin. Rien n’obligeait la justice à se pencher à nouveau et aussi vite sur ce dossier si ce n’est l’épidémie de coronavirus qui a frappé la France. En effet, la première décision de placement a été prise en mars par la juge lors d’une audience en l’absence des parents du bébé en raison de la menace du Covid-19. Cécile Bourgeon et son mari n’ont dont pas pu donner leur point de vue, comme la loi le prévoit pourtant.

Le 15 juin, ils pourront donc se défendre des critiques dont ils font l’objet pour qu’on leur refuse la garde de leur petite. Le procureur de Perpignan a refusé de commenter les raisons pour lesquelles il avait requis le placement de l’enfant. Mais, selon nos informations, la justice reprocherait à Cécile Bourgeon son passé de toxicomane et son état dépressif actuel pour justifier la décision.

« J’ai le droit d’être enceinte si je veux ! », avait-elle balancé

Cette petite fille est le quatrième enfant de Cécile Bourgeon. Lors de son procès en premier instance en 2016 à Riom, la cour d’assises du Puy-de-Dôme lui avait retiré l’autorité parentale sur ses deux autres enfants, la petite sœur de Fiona et un petit garçon qu’elle avait eu avec Berkane Makhlouf, lui aussi accusé d’avoir violenté la petite Fiona.

Lors des débats, Cécile Bourgeon avait choqué l’opinion publique en assurant, depuis son box, qu’elle voulait, à l’avenir, avoir d’autres enfants en dépit du fait qu’elle était accusée d’avoir porté des coups mortels sur Fiona. « J’ai des droits de citoyenne. Je le droit d’être enceinte si je veux ! », avait-elle notamment lancé.

Elle avait également annoncé que, si elle était libérée, elle prendrait sa voiture pour chercher sans relâche « l’endroit où se trouve le corps de Fiona ». Toxicomane à l’époque des faits, la mère assure, en effet, ne plus se souvenir de l’endroit où elle a enterré sa fillette de 5 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Son prochain procès est d’ores et déjà programmé du 1er au 18 décembre devant la cour d’appel du Rhône, à Lyon. Pour les « violences ayant entraîné la mort [de Fiona] sans intention de la donner », elle encourra une peine de trente ans de réclusion.