Amiens : Goodyear condamné pour le licenciement abusif de 832 de ses anciens salariés

JUSTICE Le fabricant américain de pneumatiques avait fermé son usine d'Amiens en janvier 2014

20 Minutes avec AFP
Illustration d'une salle d'audience.
Illustration d'une salle d'audience. — Camille Allain / 20 Minutes
  • En janvier 2014, Goodyear fermait son usine d’Amiens et licenciait 832 salariés.
  • Le conseil de prud’hommes a déclaré que les licenciements étaient « sans motif économique valide ».
  • Le géant américain du pneumatique a été condamné et devra verser des dommages et intérêts.

Le géant américain du pneumatique Goodyear a été condamné, ce jeudi, par les prud’hommes d’Amiens, dans la Somme, pour le licenciement abusif de 832 de ses anciens salariés de son usine d’Amiens-Nord a-t-on appris de sources concordantes. Le site, fermé en janvier 2014, employait alors 1.143 personnes.

Cette condamnation pour « licenciement sans motif économique valide » a été saluée comme une « énorme victoire » par l’avocat des salariés, maître Fiodor Rilov. De son côté, la direction a pris « acte » de ce jugement et indiquait « se réserver le droit de faire appel ».

A l’audience dite de départage du 28 janvier, à laquelle environ 550 personnes avaient assisté, maître Rilov avait insisté sur les bénéfices d’exploitation mondiaux du groupe Goodyear, qui, à l’époque, atteignaient un montant de 1,7 milliard de dollars.

« Une victoire qui nous rend notre dignité »

Il avait considéré cette affaire comme « emblématique du refus des ouvriers de se laisser écraser à l’occasion du démantèlement de leur outil de travail pendant que leur employeur réalise des profits colossaux ».

« Je suis heureuse et fière de la victoire obtenue aujourd’hui. Elle ne permettra pas de redonner du travail à ceux qui sont restés sur le bord de la route, ne rétablira pas les drames sociaux et humains. […] Mais c’est une victoire qui nous rend notre dignité face à une multinationale qui nous a méprisés et humiliés », s’est félicitée pour sa part Evelyne Becker, ex-déléguée CGT de l’entreprise, devant le tribunal où seuls quelques salariés s’étaient rendus. « Surtout cette victoire va nous permettre de passer à autre chose ».

Le montant total des dommages-intérêts devant être versés n’était pas immédiatement disponible. Le conseil de prud’hommes a néanmoins demandé une exécution provisoire de ce jugement, selon Me Rilov.