Coronavirus à Nice : Oui, pour la justice, Estrosi peut bien imposer un couvre-feu spécial à certains quartiers

CRISE SANITAIRE La Ligue des droits de l’homme, qui estime l’arrêté en question « discriminatoire », va faire appel

Fabien Binacchi

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Des arrêtés ont été pris par le maire de Nice
Des arrêtés ont été pris par le maire de Nice — SYSPEO/SIPA

La justice a tranché. Ce mercredi matin, le tribunal administratif de Nice a rejeté  la requête de la Ligue des droits de l’homme qui voulait faire annuler l’arrêté du maire de Nice « interdisant les déplacements dans certains secteurs » de 20 h à 5 h du matin.

L’association, qui pointe du doigt un texte selon elle « discriminatoire », dénonce une « manœuvre politicienne » qui vise « à stigmatiser et à faire montre d’autoritarisme envers les populations des quartiers populaires ». Elle va faire appel.

Le texte « répond aux objectifs de prévention de l’épidémie »

Le 7 avril, Christian Estrosi annonçait « un durcissement des règles pour éviter les regroupements que nous avons identifiés plus nombreux dans certaines zones ». Un nouvel arrêté avance un couvre-feu programmé dès 22 h à l’échelle de toute la ville à 20 h dans plusieurs quartiers, notamment celui des Moulins, à ouest.

Le juge relève que « cette mesure ne concerne qu’une très faible partie du territoire communal [1,3 %] et n’augmente l’interdiction préfectorale que de deux heures, l’ensemble de ces restrictions cessant le 11 mai ». « Elle est donc limitée dans le temps et l’espace », et « répond aux objectifs de prévention de l’épidémie », précise la juridiction selon qui « le maire conserve la plénitude de l’exercice de son pouvoir de police générale pour prendre des mesures d’accompagnement de celles de l’Etat ».

« Ceux qui avaient des intentions politiques et qui souhaitaient dénoncer un 'arrêté discriminatoire' voulaient en réalité moins protéger les Niçois des neuf quartiers de la ville concernés », a réagi Christian Estrosi.