Coronavirus à Marseille : La justice ordonne la mise à l'abri des mineurs isolés du squat Saint-Just

JUSTICE Le tribunal administratif a ordonné au conseil départemental des Bouches-du-Rhône de mettre à l’abri les mineurs isolés du squat Saint-Just en pleine épidémie de coronavirus

20 Minutes avec AFP

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Un mineur non accompagné au sein du squat Saint Just à Marseille.
Un mineur non accompagné au sein du squat Saint Just à Marseille. — Christophe SIMON / AFP
  • Des ONG ont saisi le tribunal administratif pour que le conseil départemental des Bouches-du-Rhône mette à l’abri des mineurs isolés, en pleine épidémie de coronavirus.
  • La justice leur a donné gain de cause ;
  • Le conseil départemental des Bouches-du-Rhône va donc devoir s'y employer.

Le tribunal administratif a ordonné lundi au conseil départemental des  Bouches-du-Rhône d’assurer, sous quinze jours, l’hébergement d’urgence de plus d’une trentaine de mineurs étrangers non accompagnés vivant dans un squat marseillais en pleine épidémie de coronavirus​.

Selon les ONG Médecins du Monde et Médecins sans frontières qui avaient assigné la collectivité en référé, cela concernerait plus d’une trentaine de jeunes Africains qui ont été confiés à l’aide sociale à l’enfance par un juge des enfants, mais sont restés à la rue.

Logement indigne

Ouvert en décembre 2018 dans des locaux du diocèse de Marseille, le squat Saint-Just abrite entre 200 et 300 personnes : es familles de demandeurs d’asile, ainsi que des mineurs non accompagnés.

Hébergés dans des conditions indignes, jusqu’à huit par chambre et dormant sur des matelas infestés de punaises de lit, le juge des référés observe que « les conditions d’hygiène et de salubrité des lieux ne permettent pas d’y respecter les règles de prophylaxie et les gestes barrière préconisés dans le cadre de la lutte contre l’épidémie ».

Une carence du conseil départemental

Il estime que « le maintien de jeunes adolescents dans ce squat caractérise une carence dans l’accomplissement de l’obligation d’hébergement d’urgence » du conseil départemental.

Comme le souhaitaient les deux ONG, le tribunal a enjoint au préfet – qui dispose du pouvoir de réquisition de logements – de prêter son concours au département pour un hébergement « adapté aux exigences de la lutte contre l’épidémie de Covid-19 ».

Les plus jeunes ont quinze ans

Parmi les mineurs vivant au squat, les plus jeunes ont 15 ans et certains ont même obtenu depuis plusieurs mois la condamnation du conseil départemental à les prendre en charge sous astreinte, mais sans que cela soit suivi d’effet.

Le conseil départemental avait évoqué lors de l’audience, la « sursaturation » de ses capacités d’hébergement, devant assurer la prise en charge de plus d’un millier de mineurs non accompagnés dans les Bouches-du-Rhône.

Le nombre de mineurs non accompagnés en hausse à Marseille

Le nombre des mineurs non accompagnés progresse régulièrement à Marseille. Depuis le 16 mars, les juges du tribunal pour enfants ont ainsi placé une quarantaine de jeunes mineurs étrangers sous la protection du conseil départemental.

« La gravité de la situation a été validée par le tribunal et c’est un succès de voir ces jeunes reconnus dans leurs droits et enfin mis à l’abri au cœur de la pandémie », se réjouit Me Anaïs Leonhardt, avocate des ONG.