Coronavirus à Mougins : Y a-t-il eu des manquements dans « les obligations de sécurité » à l’Ehpad La Riviera ? La justice enquête

CRISE SANITAIRE Une enquête préliminaire a été ouverte « des chefs d’homicides involontaires et d’omission de porter secours à personnes en péril »

Fabien Binacchi

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L'Ehpad La Riviera, à Mougins
L'Ehpad La Riviera, à Mougins — SYSPEO/SIPA
  • L’enquête lancée sur l’Ehpad La Riviera, à Mougins (Alpes-Maritimes), vise notamment à « identifier les violations éventuelles aux obligations de sécurité et de prudence » et « d’établir une relation avec les décès constatés », indique ce lundi la justice.
  • A ce jour, 37 morts, sur 109 résidents, sont imputables au nouveau coronavirus.

Ce lundi soir, 37 décès enregistrés parmi les 109 pensionnaires d’une maison de retraite médicalisée de Mougins (Alpes-Maritimes) étaient imputables  au Covid-19. Des morts qui auraient pu être évitées ? Les investigations se poursuivent autour de l’Ehpad La Riviera. La procureure de la République de Grasse précise ce lundi dans un communiqué que l’enquête en cours vise notamment à « identifier les violations éventuelles aux obligations de sécurité et de prudence » et « d’établir une relation avec les décès constatés ».

Depuis plus de quinze jours, et après plusieurs morts liées au nouveau coronavirus depuis le 20 mars, des familles expriment des doutes sur la bonne gestion de cette épidémie au sein de cet établissement géré par le groupe Korian. Plusieurs ont déjà alerté la justice.

Une plainte collective de familles et une autre de la mairie

La procureure Fabien Atzori précise que « l’enquête préliminaire des chefs d’homicides involontaires et d’omission de porter secours à personnes en péril » a été ouverte à la suite de la réception d’une première plainte, le 2 avril. Trois autres ont été déposés entre cette date et le 10 avril. Le parquet de Grasse a également été saisi par la maire de Mougins le 14 avril et une plainte collective concernant quatre familles a été reçue le lendemain.

Depuis, le groupe Korian et l’Agence régionale de santé (ARS) Paca sont pointées du doigt et avancent leurs arguments. Pour le premier, l’ARS aurait « tardé à prendre la mesure de la situation ». L’organisme, lui, indique avoir demandé à l’établissement de s’organiser dès le premier décès constaté. Une enquête de l’ARS était organisée sur place début avril.

Parallèlement, la justice est également sur le pont. La Brigade de recherches de Cannes, la Section de recherches de Marseille et l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) sont mobilisés.