Affaire Grégory : Monique Villemin, la grand-mère du petit garçon, est décédée

DECES Trentre deux ans après l’assassinat de son petit-fils, Grégory, Monique Villemin est décédée, « vraisemblablement du coronavirus », selon l’avocat de Jean-Marie Villemin

Manon Aublanc

— 

Monique Villemin, la grand-mère de Grégory en 1985.
Monique Villemin, la grand-mère de Grégory en 1985. — MARCEL MOCHET / AFP

Personnage clé de l’affaire Grégory, Monique Villemin, la grand-mère du petit garçon et mère de Jean-Marie Villemin, s’est éteinte, ce dimanche, dans un Ehpad des Vosges, a confirmé l’avocat de Jean-Marie Villemin à 20 Minutes, ajoutant qu’elle était décédée « vraisemblablement du coronavirus ».

« Jean-Marie Villemin a réagi avec tristesse. Nonobstant les dissensions familiales, c’est un fils qui perd sa mère », a déclaré Thierry Moser, l’avocat des parents du petit Grégory.

Un rôle central

Monique Villemin a joué un rôle central dans l’affaire de l’assassinat de son petit-fils. Le 16 octobre 1984, le petit Grégory Villemin, 4 ans, avait été retrouvé mort, les pieds et les poings liés dans les eaux de la Vologne (Vosges), sans que le coupable ne soit jamais retrouvé.

Infographie sur la famille Villemin.
Infographie sur la famille Villemin. - LAURENCE SAUBADU, VINCENT LEFAI / AFP

Bien avant le mort du petit garçon, ses grands-parents, Monique et Albert Villemin, avaient été la cible d’appels et de lettres anonymes d’un corbeau. Le lendemain de la découverte du corps, les parents du petit Grégory avaient reçu une lettre émanant vraisemblablement de ce même « corbeau » qui n’a jamais été identifié. « J’espère que tu mourras de chagrin, le chef… », indiquait notamment cette lettre.

Monique Villemin, identifiée comme l’une des corbeaux de l’affaire

Très rapidement, Bernard Laroche, un membre de la famille, a fait figure de premier suspect. Mis en examen, il avait été écroué avant d’être finalement remis en liberté en février 1985. Un mois après sa sortie de prison, il avait été abattu par Jean-Marie Villemin devant chez lui. C’est ensuite Christine, la mère, qui a été soupçonnée d’avoir tué son propre fils avant d’être blanchie pour « absence totale de charges » le 3 février 1993.

Mais en juin 2017, la machine judiciaire est relancée. Monique Villemin a été identifiée comme étant l’un des corbeaux de l’affaire. Des nouvelles expertises avaient permis d’établir que la grand-mère de Grégory était l’auteure d’une lettre de menace envoyée au juge Simon en 1989. Elle laissait entendre que la responsable du meurtre de son petit-fils Gregory n’était autre que Christine Villemin. « Vas-tu passer 1990 ? Ça, c’est notre affaire ! », annonçait la missive. « Elle a toujours gardé le silence. Sa mort ne change donc rien sur le plan judiciaire. Si ce n’est que cela offre peut-être la possibilité à Albert son mari de parler. En a-t-il envie ? En a-t-il les moyens ? Personne ne le sait », estime Thierry Moser, l’avocat de Jean-Marie Villemin.