Béziers : Ouverture d’une information judiciaire après le décès de l’homme interpellé par la police municipale

JUSTICE Aucune personne n’a été mise en examen ou placée sous statut de témoin assisté de à ce stade de l’enquête. L’enquête a été confiée au SRPJ de Montpellier.

Jérôme Diesnis

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Une voiture de la police municipale (illustration)
Une voiture de la police municipale (illustration) — GILE MICHEL/SIPA
  • L’homme de 33 ans, condamné à de multiples reprises pour des faits de vols et de violence, est décédé au commissariat de Béziers après son interpellation par les policiers municipaux.
  • Les médecins légistes ont pu constater une absence de plaie, une absence d’hémorragie interne ainsi qu’une absence de fracture osseuse. Lors de son interpellation, il était possesseur de pochons contenant de la poudre blanche en cours d’analyse.
  • Le procureur de la République de Béziers a demandé l’ouverture d’une information judiciaire contre X. A ce stade, « aucune personne n’a été mise en examen ou placée sous statut de témoin assisté », précise le parquet. Une sœur du défunt s’est constituée partie civile.

Le procureur de la République de Béziers, Raphaël Balland, a demandé l’ouverture d’une information judiciaire contre X dans le cadre de la mort d’un homme au commissariat de Béziers. Cette information judiciaire est ouverte aux chefs de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission. Et à celui de non-assistance à personne en péril.

Le 8 avril, cet homme de 33 ans est décédé au commissariat de la police nationale de Béziers où il avait été conduit par des policiers municipaux, après son interpellation. Il n’avait pas pu être sauvé. Il aurait été contrôlé une heure plus tôt, pour vérifier s’il pouvait justifier de sa présence en dehors de son domicile, dans une rue de la ville, en raison du couvre-feu et des mesures de confinement.

Une interpellation compliquée

Les trois policiers municipaux, entendus dans le cadre d’une audition libre, avaient indiqué que la victime aurait « refusé le contrôle et qu’il aurait adopté à leur rencontre un comportement très agressif justifiant selon eux de procéder à son interpellation », indiquait le 9 avril le procureur. « L’homme résistait alors fortement et longuement à l’interpellation. Les policiers municipaux parvenaient difficilement à le menotter puis à le faire entrer à l’arrière de leur véhicule en le maintenant sur le ventre. Un policier municipal se serait alors assis sur les fesses de l’individu encore très excité dans le but de le maintenir » jusqu’au commissariat, à quelques centaines de mètres de là.

Le 10 avril, une autopsie a été pratiquée. Si les conclusions ne seront pas rendues avant plusieurs jours, indique Raphaël Balland, le procureur de la République de Béziers, « à ce stade, il peut simplement être indiqué qu’aucune des constatations effectuées sur le corps ne permet d’expliquer de manière évidente la ou les causes du décès ».

« Absence de plaie et de fracture osseuse »

Les médecins légistes ont pu constater une absence de plaie, une absence d’hémorragie interne ainsi qu’une absence de fracture osseuse. Par ailleurs, poursuit le magistrat, quatre « petits pochons d’un total de moins de 2 g contenant une poudre blanche qui va faire l’objet d’analyses » ont été retrouvés dans une poche interne du slip de la victime.

La victime, sans emploi, a été condamnée à huit reprises depuis 2005, notamment pour des violences et des vols. Le 7 avril, il avait été présenté au parquet de Béziers, soupçonné d’avoir volé de l’argent dans les mains d’une personne à la sortie d’un distributeur automatique de billets. Il avait alors été condamné à six mois de prison ferme, mais sans mandat de dépôt.

Une sœur du défunt s’est constituée partie civile

Les investigations se poursuivent désormais sous la direction d’un magistrat instructeur du tribunal judiciaire de Béziers dans le but de déterminer les circonstances dans lesquelles cet homme a trouvé la mort. Le magistrat instructeur a saisi le SRPJ de Montpellier pour procéder à ces investigations.

En l’état, « aucune personne n’a été mise en examen ou placée sous statut de témoin assisté », précise le parquet. Une sœur du défunt s’est constituée partie civile par l’intermédiaire de son avocat.