Coronavirus : L’administration pénitentiaire promet une réponse « ferme » aux incidents en prison

DETENTION Depuis mardi, des incidents ont éclaté dans plusieurs établissements pénitentiaires

20 Minutes avec AFP

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Une prison (illustration)
Une prison (illustration) — KONRAD K./SIPA

La direction de l’administration pénitentiaire (DAP) a assuré dimanche à l’Agence France-Presse (AFP) que la réponse pénale serait « ferme » à l’encontre des détenus participant à des mouvements collectifs de protestation dans les prisons, mises aussi sous cloche pour limiter la propagation du coronavirus.

Dès l’annonce mardi de la suspension des parloirs pour les familles rendant visite aux détenus, conséquence du confinement général de la population française, des incidents ont éclaté dans plusieurs établissements pénitentiaires, notamment à Grasse (Alpes-Maritimes). L’administration pénitentiaire a recensé depuis mardi « une trentaine de mouvements collectifs », dont « 24-25 se sont limités à des refus de réintégrer » les cellules à l’heure prévue après les promenades dans les cours des prisons.

Des incidents dans plusieurs prisons

Dimanche, des dizaines d’incidents se sont de nouveau produits dans plusieurs prisons. Notamment au centre de détention d’Uzerche (Corrèze), où une quarantaine de détenus ont brûlé des matelas sur le toit de la prison, a indiqué la DAP à l’AFP, un « mouvement s’apparentant à une mutinerie ». Un détenu a été hospitalisé, après avoir été asphyxié. Plus de 200 détenus n’avaient toujours pas rejoint leurs cellules dans la soirée, « empêchés » par quarante autres, « sans risque d’évasions », a précisé la DAP.

Au centre pénitentiaire de Maubeuge (Nord), des forces de l’ordre ont été la cible de projectiles par des détenus, qui ne voulaient pas rentrer. Néanmoins, la majorité des 188 établissements pénitentiaires n’ont pas été touchés par des incidents. Mais dans certains d’entre eux, les protestations collectives se sont accompagnées de dégradations, comme samedi à Béziers, Draguignan, au Mans et à Lille-Sequedin. « Les meneurs ont été identifiés », et neuf d’entre eux ont été placés en garde à vue dès samedi soir, selon la DAP.

« Notre réponse sera ferme » face aux violences et dégradations, a affirmé l’Administration pénitentiaire, alors que « depuis vendredi tournent des appels sur les réseaux sociaux à multiplier les incidents en détention, surtout ce dimanche », les effectifs des personnels pénitentiaires étant réduits.

Mesures exceptionnelles

Outre des poursuites pénales et des sanctions disciplinaires, « les détenus qui participent à des mouvements collectifs ne bénéficieront pas des dispositifs exceptionnels » sur lesquels travaille le ministère de la Justice pour réduire la population carcérale, a insisté la DAP.

Appelée depuis plusieurs jours à libérer « massivement » et en « urgence » des détenus afin d’éviter une crise sanitaire et sécuritaire dans le huis clos de la détention, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a ouvert la voie vendredi à la libération anticipée de détenus malades et d’autres en fin de peine.

Ces mesures exceptionnelles sont élaborées dans le cadre de la loi sur l’état d’urgence sanitaire. La ministre a également donné instruction de ne pas mettre à exécution les courtes peines d’emprisonnement pour ne pas faire entrer de nouvelles personnes en prison. Lundi entreront par ailleurs en vigueur les mesures compensant la suspension des parloirs : télévision gratuite pour tous les détenus, forfait téléphonique et aide pécuniaire pour les plus démunis.