Affaire Fiona : Cécile Bourgeon a accouché d’une petite fille qui a été placée dès la naissance

DROITS DE L'ENFANT Libre dans l’attente d’un quatrième procès, Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, a accouché d’une petite fille qui a été placée dès la naissance

Vincent Vantighem

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Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012.
Riom (Puy-de-Dôme), le 5 septembre 2016. Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, arrive à la cour d'assises où est jugé l'homme qui l'a violée en 2012. — Thierry Zoccolan/AFP
  • En mai 2013, la petite Fiona, 5 ans, est morte des suites de maltraitances. Sa mère, Cécile Bourgeon, et son beau-père, Berkane Makhlouf, ont affirmé qu’elle avait disparu avant de reconnaître l’avoir enterrée.
  • Condamnée à 20 ans de réclusion criminelle en appel en 2018, Cécile Bourgeon a, depuis, été libérée à la faveur d’une décision de la Cour de cassation. Elle doit être rejugée dans quelques semaines.
  • Depuis sa sortie de prison, elle s’est remariée et vient d’accoucher d’une petite fille qui a été placée dès sa naissance par une décision de justice.

Son procès avait été décalé en raison de sa grossesse. Cécile Bourgeon, la mère de la petite Fiona morte sous les coups dans le Puy-de-Dôme en mai 2013, a accouché d’une petite fille fin février, a appris 20 Minutes, confirmant une information du Parisien. Dès sa naissance, le parquet de Perpignan (Pyrénées-Orientales) où elle réside actuellement a ordonné que le nouveau-né soit placé.

« J’ai estimé qu’au regard des éléments sociaux qui nous ont été communiqués, il y avait un danger pour l’enfant, confirme Jean-David Cavaillé, le nouveau procureur de Perpignan, qui ne veut pas s’étendre davantage sur le sujet. J’ai donc ordonné le placement provisoire en attendant qu’un juge des enfants se prononce sur ce dossier. » C’est chose faite depuis jeudi. Et selon nos informations, le juge a confirmé la décision du parquet en maintenant le placement du bébé hors du foyer familial pour une durée d’un an renouvelable.

Libérée, elle s’est installée à Perpignan où vit sa mère

Il s’agit du quatrième enfant de Cécile Bourgeon. Aujourd’hui âgée de 32 ans, la jeune femme avait été condamnée, en appel en février 2018 par la cour d’assises de la Haute-Loire, à 20 ans de réclusion pour les coups mortels ayant entraîné la mort de Fiona, son premier enfant, sans intention de la donner. Il y a un an, la Cour de cassation avait cassé ce verdict en raison de plusieurs vices de forme et Cécile Bourgeon avait été libérée, dans l’attente d’un quatrième procès qui doit se tenir en mai, si la crise sanitaire liée au coronavirus n’en empêche pas la tenue.

Une fois hors de prison, Cécile Bourgeon s’était installée à Perpignan où réside sa mère. C’est dans cette ville qu’elle s’est discrètement remariée en décembre 2019. Et qu’elle a donc donné naissance à son quatrième enfant, fin février.

« J’ai le droit d’être enceinte si je veux ! », avait-elle balancé

Lors de son procès en premier instance en 2016 à Riom, la cour d’assises du Puy-de-Dôme lui avait retiré l’autorité parentale sur ses deux autres enfants, la petite sœur de Fiona, et un petit garçon qu’elle avait eu avec Berkane Makhlouf, lui aussi accusé d’avoir maltraité la petite Fiona. Lors des débats, elle avait choqué l’opinion publique en assurant qu’elle voulait, à l’avenir, d’autres enfants alors qu’elle était accusée d’avoir porté des coups sur Fiona. « J’ai des droits de citoyenne. J’ai le droit d’être enceinte si je veux ! », avait-elle balancé.

Elle avait également annoncé que si elle était libérée, elle prendrait « sa voiture » pour chercher sans relâche « l’endroit où se trouve le corps de Fiona ». Toxicomane à l’époque des faits, la mère assure, en effet, ne plus se souvenir de l’endroit où elle a enterré sa fillette de cinq ans, nue et sans même un doudou. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Contacté par 20 Minutes, son avocat n’était pas disponible dans l’immédiat pour commenter le placement de la petite fille. Cécile Bourgeon a toujours la possibilité de faire appel de cette décision.