Coronavirus en Charente-Maritime : Le procès pour pédophilie du chirurgien de Jonzac renvoyé

EPIDEMIE Le chirurgien Joël Le Scouarnec est accusé d’agression sexuelle sur quatre mineures

M.P. avec AFP

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Le procès du chirurgien Joël Le Scouarnec, accusé d'agression sexuelle sur quatre mineures, a été renvoyé au mois d'octobre en raison de la crise du coronavirus.
Le procès du chirurgien Joël Le Scouarnec, accusé d'agression sexuelle sur quatre mineures, a été renvoyé au mois d'octobre en raison de la crise du coronavirus. — Francois Mori/AP/SIPA
  • Le procès de Joël Le Scouarnec, accusé d’agression sexuelle sur quatre mineures, a été renvoyé au mois d’octobre en raison de la crise du coronavirus.
  • Soupçonné d’avoir abusé d’au moins 349 enfants en un peu plus de trente ans, ce chirurgien âgé de 69 ans devait comparaître devant la cour d’assises de Charente-Maritime, à Saintes, pour un premier dossier de viols et d’agressions sexuelles.
  • Dans l’attente de ce renvoi, Joël Le Scouarnec reste placé en détention provisoire, sous mandat de dépôt criminel.

Le procès à Saintes (Charente-Maritime) du chirurgien Joël Le Scouarnec, accusé d’agression sexuelle sur quatre mineures, a été renvoyé au mois d’octobre en raison de la crise du coronavirus. Ce procès, premier volet d’une très vaste affaire de pédophilie, avait débuté vendredi et devait durer jusqu’à mardi.

Soupçonné d’avoir abusé d’au moins 349 enfants en un peu plus de trente ans, ce chirurgien âgé de 69 ans devait comparaître devant la cour d’assises de Charente-Maritime, à Saintes, pour un premier dossier de viols et d’agressions sexuelles. Dans cette affaire, il est accusé par quatre victimes : deux de ses nièces aujourd’hui trentenaires, une patiente dont il aurait abusé à l’occasion d’une opération pour une pancréatite aiguë alors qu’elle n’avait que quatre ans, et son ancienne petite voisine quand il résidait à Jonzac (Charente-Maritime), donc.

Au-delà de l’horreur des faits, le principal enjeu de ce procès était également de comprendre comment Joël Le Scouarnec a pu continuer à exercer la chirurgie aussi longtemps sans être inquiété. En 2005, lors d’un premier procès à Vannes (Morbihan) pour détention d’images pédopornographiques, il avait été condamné à quatre mois de prison avec sursis sans obligation de soins. Une décision qui n’avait, semble-t-il, pas eu de conséquences sur sa carrière.

Joël Le Scouarnec reste placé en détention provisoire

« A la demande de plusieurs avocats des parties civiles, à laquelle s’est associé l’avocat de l’accusé et en raison de la crise sanitaire provoquée par le Covid 19, la cour d’assises de Charente Maritime a ordonné le renvoi du procès de Joël Le Scouarnec au mois d’octobre 2020 », a fait savoir la cour d’assises dans un communiqué. Dans l’attente de ce renvoi, Joël Le Scouarnec reste placé en détention provisoire, sous mandat de dépôt criminel.

Les avocats de plusieurs parties civiles avaient demandé ce renvoi en raison de craintes concernant la situation sanitaire de plusieurs acteurs du dossier dont le témoignage était attendu. « Il semble que certaines ont été en contact avec des personnes contaminées et donc leur état nécessitait un confinement », a expliqué Yves Crespin, l’avocat de l’association partie civile L’Enfant bleu, qui a également demandé de nouvelles expertises psychiatriques.

Une avocate enceinte et son cabinet confinés

Une avocate enceinte avait également expliqué qu’elle-même et son cabinet devaient être confinés après avoir appris qu’un client étranger à l’affaire était porteur du coronavirus. « Pour des raisons sanitaires, on ne peut pas tenir ce procès dans des conditions comme celles-là », a confirmé à la sortie du palais de justice Me Francesca Satta, avocate des parents de la petite fille dont la plainte avait déclenché l’arrestation du chirurgien en 2017.

Le procès reprogrammé à l’automne, « cela permettra peut-être un meilleur calibrage de l’audience avec la possibilité d’avoir peut-être une 4e journée d’audience (au lieu de trois), ce qui nous apparaît opportun pour nous parties civiles, pour pouvoir nous exprimer librement et pouvoir poser des questions supplémentaires. Cela permettra aussi d’entendre des témoins qui ne pouvaient pas être présents à cette audience », a ajouté l’avocate

En parallèle, les enquêteurs continuent de tenter de rechercher toutes les victimes potentielles du chirurgien en remontant ses écrits. Dirigés par le parquet de Lorient (Morbihan), ils en avaient identifié 349 au 11 février, dont 246 ont déjà porté plainte. Des faits qui devraient faire l’objet d’un autre procès dans les années à venir.