Procès Pastor: Le double assassinat aurait été commandité pour 140.000 euros, affirme un des accusés

EN APPEL Après des cadeaux, dont des voyages, Wojciech Janowski aurait remis des enveloppes d’argent liquide à son coach sportif pour rétribuer des exécutants

20 Minutes avec AFP

— 

Wojciech Janowski à l'issue de son audition par la police le 27 juin 2014 à Nice
Wojciech Janowski à l'issue de son audition par la police le 27 juin 2014 à Nice — Valery Hache AFP
  • Plusieurs personnes sont jugées en appel à Aix-en-Provence pour l’assassinat de la milliardaire Hélène Pastor et de son chauffeur, en mai 2016 à Nice.
  • L’ex-coach sportif du gendre de la femme d’affaires aurait rétribué des exécutants pour cette somme.

L’organisateur du double assassinat a livré des détails mardi, au procès en appel. La milliardaire monégasque Hélène Pastor a été tuée, avec son chauffeur, sur ordre de son propre gendre, moyennant 140.000 euros, a assuré Pascal Dauriac. « J’ai participé, j’ai été un acteur, j’ai perdu pied », a lâché l’ex-coach sportif de Wojciech Janowski devant les jurés de la cour d’assises d’appel d’Aix-en-Provence.

En première instance, en septembre 2018, Pascal Dauriac a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat. Mardi, il a réitéré ses accusations contre Wojciech Janowski. Hélène Pastor, 77 ans, et son chauffeur Mohamed Darwich, 63 ans, étaient mortellement blessés le 6 mai 2014 alors qu’ils sortaient, en voiture, d’un hôpital de Nice où la Monégasque avait rendu visite à son fils Gildo.

« Trouver quelqu’un pour tuer la vieille »

Le gendre « avait donné une date butoir », avant le retour de Gildo à Monaco « parce que ça l’arrangeait » que le double crime ait lieu en France, a affirmé Pascal Dauriac. Il a tenté d’expliquer comment, au service depuis 13 ans de Wojciech Janowski et de sa compagne Sylvia, la fille d’Hélène Pastor, il s’était laissé peu à peu « englué », jusqu’à ne pas réagir lorsque son employeur lui avait demandé de « trouver quelqu’un pour tuer la vieille ».

« J’étais sous pression constante, j’étais dans un étau, tente-t-il d’expliquer. J’ai transmis les ordres, les informations. » Après les cadeaux, dont des voyages, Wojciech Janowski lui remet des enveloppes d’argent liquide à distribuer aux exécutants : 140.000 euros à se partager, un acompte de 15.000 puis trois autres enveloppes à remettre en plusieurs fois.

« J’étais vampirisé »

« Vous n’avez pas eu le réflexe de fuir, de lui jeter les enveloppes à la figure ? », l’interroge l’avocat de Gildo, Me Gérard Baudoux. « C’est ce que j’aurais dû faire, j’étais vampirisé », répond Pascal Dauriac. Il avait empoché l’argent et trouvé le tueur, Saïd Ahmed et le guetteur Al Haïr Hamadi, condamnés à perpétuité en première instance.

Reconnu coupable d’être le commanditaire en première instance, Wojciech Janowski avait également été condamné à la réclusion à perpétuité. « Je ne suis pas le commanditaire, je suis innocent », a-t-il affirmé au début du procès en appel, prévu jusqu’au 27 mars.