Meurthe-et-Moselle : Condamnée à quinze ans de prison pour avoir défenestré une adolescente

ASSISES Elle voulait venger sa fille, avec qui la victime avait une altercation trois jours plus tôt

T.G. avec AFP

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Thémis, la déesse grecque symbole de la justice.
Thémis, la déesse grecque symbole de la justice. — Pixabay
  • En novembre 2016, la quadragénaire avait précipité l’adolescente dans le vide, allant jusqu’à retirer ses doigts qui s’accrochaient aux boiseries de la fenêtre.
  • Elle a été condamnée à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Meurthe-et-Moselle. Le parquet avait requis douze ans d’emprisonnement.
  • « Ma cliente, qui contestait les faits et espérait l’acquittement, est évidemment déçue, mais une condamnation à 15 ans de réclusion criminelle pour une tentative d’assassinat est, à mon sens, une peine modérée », a réagi l’avocate de la défense.

Les jurés ont dépassé la réquisition du parquet. Floriane Dussauge, substitut du procureur, avait requis 12 ans de prison à l’encontre de Samira Habri pour tentative d’assassinat. La mère de famille a finalement été condamnée mardi à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Meurthe-et-Moselle pour avoir défenestré une camarade de classe de sa fille.

« Les réquisitions étaient particulièrement peu élevées vu la nature des faits reprochés », a reconnu l’avocate de la défense Me Eléonore Dupleix. « Ma cliente, qui contestait les faits et espérait l’acquittement, est évidemment déçue, mais une condamnation à 15 ans de réclusion criminelle pour une tentative d’assassinat est, à mon sens, une peine modérée », a-t-elle déclaré.

La victime en garde des séquelles

La victime, âgée de 15 ans au moment des faits le 9 novembre 2016, a souffert de plusieurs fractures à la suite de sa défenestration et en garde des séquelles. Selon le témoignage de la jeune femme, Samira Habri l’a attirée à son domicile, situé au quatrième étage d’un immeuble de Vandoeuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle).

Elle a d’abord tenté de l’étrangler avec un foulard dans la cuisine. Parvenant à se dégager, l’adolescente s’est dirigée vers une fenêtre d’où la mère de famille quinquagénaire l’a précipitée dans le vide, allant jusqu’à retirer ses doigts qui s’accrochaient aux boiseries de la fenêtre, a-t-elle raconté.

Plusieurs témoins ont vu cette femme ne rien faire pour aider la jeune fille, dont le corps se balançait dans le vide, puis fermer la fenêtre après sa chute de 11 mètres. L’accusée a contesté les faits tout au long du procès, affirmant que l’adolescente aurait chuté en voulant fuir après une tentative de braquage chez elle.

Relation fusionnelle

Trois jours plus tôt, la victime avait eu une altercation avec la fille de Samira Habri, âgée de 16 ans et placée en foyer depuis quelques mois. Cette dernière avait téléphoné à sa mère, avec qui elle entretenait une relation fusionnelle mais émaillée de violences, pour lui demander de la venger.

L’adolescente, que l’Aide sociale à l’enfance a décrite comme « capricieuse » et « hyper puissante envers sa mère », a été condamnée par le tribunal pour enfants à 30 mois de prison, dont la moitié avec sursis, pour « menaces de mort et offre de commettre un assassinat ». Elle est incarcérée dans le quartier des femmes du centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville, avec sa mère.