Affaire Troadec : Le procès devrait avoir lieu en 2021, la famille des victimes « a hâte »

JUSTICE Hubert Caouissin sera jugé pour le quadruple meurtre de Pascal, Brigitte, Sébastien et Charlotte Troadec, il y a trois ans jour pour jour

Frédéric Brenon

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La maison de la famille Troadec lors d'une reconstitution en avril 2019.
La maison de la famille Troadec lors d'une reconstitution en avril 2019. — S.Salom-Gomis/Sipa
  • La famille Troadec a été tuée à son domicile d’Orvault, en banlieue nantaise, dans la nuit du 16 au 17 février 2017.
  • Le principal suspect est le beau-frère du père de famille, Hubert Caouissin.
  • Ce dernier avait avoué les crimes, après s’être débarrassé des cadavres et avoir tenté de brouiller les pistes.

Dans la nuit du 16 au 17 février 2017, Bernard, Brigitte, Sébastien et Charlotte Troadec étaient tués dans leur maison d’Orvault, près de Nantes. Hubert Caouissin, beau-frère du père de famille, avouera les homicides trois semaines plus tard, au terme de recherches à rebondissements. Trois ans précisément après le drame, l’enquête est désormais terminée. Le procès devrait avoir lieu au cours du premier trimestre 2021 devant la cour d’assises de Loire-Atlantique, a-t-on appris de source proche du dossier.

Une échéance « attendue mais également redoutée » par la famille des victimes, explique Cécile de Oliveira, avocate de la mère et des deux sœurs de Brigitte Troadec. « Elles attendent un jugement qui leur permettra de clore ce chapitre. Elles attendent aussi des éléments de compréhension sur ce qui s’est véritablement passé. On a hâte que ça arrive même si je sais que ça sera un moment pénible. »

Arme du crime absente, mobile incertain

Le procès sera l’occasion de lever plusieurs zones d’ombre. Hubert Caouissin est en effet soupçonné d’avoir tué les parents Troadec et leurs enfants à coups de pied de biche. Si la préméditation n’a finalement pas été retenue, comme l’avait révélé Presse Océan le 4 janvier, l’arme du crime n’a jamais été retrouvée, pas plus que les crânes des victimes. « M. Caouissin n’a rien fait pour qu’on les retrouve. Il a été faussement coopératif », déplore Cécile de Oliveira.

Le mobile du quadruple meurtre reste également incertain. L’accusé évoque une bagarre avec, en toile de fond, un héritage familial de pièces d’or que Pascal Troadec se serait approprié. Mais aucune trace de trésor n’a été trouvée malgré un « travail d’enquête très approfondi ». Quant à la santé psychique d’Hubert Caouissin, les experts psychiatres ont estimé que son discernement était altéré au moment des faits. « C’est un point qui sera fortement débattu devant la cour d’assises », promet l’avocate de la mère et des sœurs de Birgitte Troadec.

Complicité écartée pour Lydie Troadec

Autre déception pour ces dernières, « savoir que Lydie Troadec ne sera pas poursuivie pour complicité de crime ». La sœur du père de famille décédé et compagne d’Hubert Caouissin aurait nettoyé la voiture ayant transporté les corps et laissé son conjoint démembrer et brûler les cadavres dans sa propriété de Pont-de-Buis-lès-Quimerch (Finistère). Elle sera jugée pour « modification de l’état des lieux d’un crime » et « recel de cadavres ». Elle attend son procès hors de prison, sous contrôle judiciaire.

« Mes clientes vivent très difficilement la longueur de la procédure, conclut Cécile de Oliveira. Faire leur deuil est compliqué en raison de l’extrême violence de ce quadruple meurtre et de ses circonstances très perverses. Et puis la médiatisation de l’affaire, qui va forcément grandir, ajoute à la difficulté. »