Affaire Balkany : La cour d'appel de Paris ordonne la remise en liberté de Patrick Balkany

PRISON Condamné pour « fraude fiscale » et « blanchiment aggravé », le maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) était incarcéré depuis le 13 septembre

Vincent Vantighem

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Patrick Balkany, le 13 mai 2019 à Paris.
Patrick Balkany, le 13 mai 2019 à Paris. — ACau/SIPA
  • La cour d’appel de Paris a ordonné, ce mercredi, la remise en liberté de Patrick Balkany.
  • Selon une expertise médicale récente, l’état général de la santé du maire de Levallois-Perret est « dégradé » et « incompatible avec une détention ».
  • Condamné pour « fraude fiscale » et « blanchiment aggravé », il était incarcéré depuis le 13 septembre 2019.

Ce mercredi matin, son avocat, Romain Dieudonné, avait expliqué qu'il avait « un genou à terre » et qu’il fallait le faire sortir de prison. La cour d’appel de Paris a ordonné, ce mercredi, la remise en liberté de  Patrick Balkany. Condamné à quatre ans de prison ferme pour des faits de « fraude fiscale » et à cinq ans ferme pour « blanchiment aggravé », le maire (LR) de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) était incarcéré depuis le 13 septembre, à la prison de la Santé, à Paris.

Après avoir refusé à trois reprises de le remettre en liberté, la cour d’appel de Paris a finalement accédé à sa demande ce mercredi, notamment en raison d’une récente expertise médicale faisant état d’un « état général dégradé » de l’élu des Hauts-de-Seine et de « pensées suicidaires ». Touché par des problèmes intestinaux et de dos récurrents, le maire de Levallois-Perret a perdu énormément de poids depuis qu’il a été placé derrière les barreaux.

Selon sa femme, il a perdu 30 kilos en cinq mois

Le 4 février, lors d’une audience devant la cour d’appel consacrée aux faits de « blanchiment aggravé », son épouse, Isabelle, avait poussé un « cri du cœur » pour le sauver. « Mon mari est en danger. Je veux le sauver. Je veux le dire, avait-elle lancé aux magistrats après avoir expliqué qu’elle ne voulait plus répondre aux questions sur le fond de l’affaire. Ce matin, il était incapable de tenir debout. Il est infiniment faible. Il pèse aujourd’hui 75 kilos. Donc 30 de moins que quand il est entré [à la prison de la Santé] ».

Lors de sa dernière apparition publique, en décembre devant la cour d’appel de Paris, Patrick Balkany était apparu très amaigri, flottant dans une chemise et les traits tirés. En raison d’un mal de dos récurent, il avait demandé à pouvoir s’asseoir sur un fauteuil plutôt que sur le banc habituellement réservé aux prévenus. Les jours suivants, il avait été hospitalisé pour bénéficier de soins plus complets qu’en détention.

Ils ont finalement renoncé aux municipales

Agé de 71 ans, Patrick Balkany a été jugé avec son épouse pour avoir dissimulé au fisc un patrimoine évalué à 13 millions d’euros, notamment dans des propriétés sur l’île antillaise de Saint-Martin et au Maroc. Du bout des lèvres, le couple des Hauts-de-Seine a reconnu des « fautes » fiscales, dues, selon lui, à des héritages familiaux. « Il n’y a pas un centime d’argent public qui a été détourné ! Il n’y a pas de corruption ! », avait notamment résumé Isabelle Balkany après le jugement de première instance.

Condamnés à de lourdes peines de prison ferme et d’inéligibilité, les Balkany comptaient utiliser tous les recours possibles pour pouvoir, malgré tout, se présenter à leur propre succession à la mairie de Levallois-Perret. Las, en décembre, à l'issue d'un procès en appel houleux, ils avaient finalement renoncé à la politique. « Pendant 35 ans, je n’ai fait qu’aider les autres, avait lâché Patrick Balkany lors d’une audience. Quand un homme politique arrête, il meurt… »

La cour d’appel a donc ordonné sa remise en liberté et son placement sous un contrôle judiciaire léger, sans lui réclamer de caution.