Chirurgien accusé de pédophilie à Jonzac : La famille d’une victime réclame un procès public

JUSTICE Les parents de la fillette qui a déclenché l’affaire du chirurgien de Jonzac en racontant en 2017 avoir été violée par le sexagénaire, demande à ce que le procès, prévu à huis clos, soit public

20 Minutes avec AFP

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Illustration du tribunal.
Illustration du tribunal. — M.Libert / 20 Minutes
  • Les parents de la fillette qui a déclenché l’affaire du « chirurgien de Jonzac » demandent que le procès prévu en mars à Saintes soit public et non à huis clos comme il est susceptible de l’être.
  • Le sexagénaire sera jugé pour des faits d’agressions et/ou de viols sur quatre mineures, qu’il reconnaît en partie tout en niant les viols.
  • Des investigations menées en parallèle à partir de carnets découverts chez lui pendant les perquisitions ont mis à jour 349 autres victimes potentielles.

Alors que le procès est susceptible de se tenir à huis clos en mars prochain à Saintes, en Charente-Maritime, les parents de la fillette qui a dénoncé en 2017 les agissements de son voisin, le « chirurgien de Jonzac », expliquent au Journal du Dimanche qu’ils souhaitent une audience publique.

« Pourquoi devrait-on se cacher ? (…) Si elle n’avait pas parlé, ce chirurgien serait toujours en activité. On se battra pour que ce soit public », affirment dimanche au JDD les parents de la fillette, Laura T. et Jérôme L., témoignant pour la « première fois » à « visage découvert ».

Quatre mineurs parties civiles

Incarcéré depuis 2017, l’ex-chirurgien Joël Le Scouarnec, 69 ans, doit répondre du 13 au 17 mars devant les assises de Charente-Maritime à Saintes, de viols et/ou agressions sexuelles sur quatre jeunes victimes. Mais le procès est susceptible de se tenir à huis clos si les parties civiles, toutes mineures à l’époque des faits, le demandent. Les faits, partiellement reconnus par le chirurgien, concernent sa voisine de Jonzac, deux nièces et une patiente, sur une période de 30 ans. Il nie les viols.

Après la plainte pour viol de la jeune voisine, alors âgée de 6 ans, en avril 2017, les enquêteurs avaient découvert au domicile du chirurgien des carnets intimes dans lesquels il décrivait des agressions et avait consigné près de 200 noms d'enfants. 

Sur la base de ces carnets, une procédure distincte des quatre premiers cas d’agressions a été ouverte en 2019 pour tenter de déterminer si ces écrits décrivent des sévices avérés, ou s’il s’agit de simples « fantasmes », comme le martèle l'avocat du chirurgien.

« Elle a libéré la parole »

Les investigations ont depuis permis d’identifier 349 victimes potentielles du chirurgien durant près de 30 ans de carrière dans le centre et l’ouest de la France, indiquait fin décembre le parquet de Lorient, qui avait alors enregistré 197 plaintes, la plupart en Bretagne.

« Elle a ouvert la voie et libéré la parole. Une petite fille de six ans a fait tomber le plus gros pédophile de l’histoire », affirment les parents tout en déplorant un soutien psychologique tardif pour leur famille.

Ils espèrent prochainement des « réponses », des proches du chirurgien mais aussi de l’ordre des Médecins qu’ils accusent d’avoir fermé les yeux sur les penchants pédophiles du Joël Le Scouarnec. « Il y a beaucoup de questions, on veut des réponses. De lui, de sa femme, des médecins. On ne lâchera rien », assurent-ils.