De nouvelles expertises demandées dans l’affaire du décès au commissariat de Saint-Malo

ENQUETE Allan Lambin, 19 ans, y est mort il y a un an

20 Minutes avec AFP

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Un commissariat de police lambda. (illustration)
Un commissariat de police lambda. (illustration) — ALLILI MOURAD/SIPA

Un an après le décès d’Allan Lambin au commissariat de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) où il se trouvait en cellule de dégrisement, la justice a ordonné de nouvelles expertises pour déterminer les causes exactes de la mort, a-t-on appris samedi auprès de l’avocate de la famille. Le 9 février 2019, Allan Lambin, 19 ans, avait pris le volant après une soirée arrosée avec son père. Ratant l’entrée du camping où ils devaient passer la nuit, il avait reculé dans le fossé.

A l’arrivée de la police, le jeune homme avait proféré des insultes avant de faire l’objet d’une « interpellation compliquée », selon la procureure de Saint-Malo, Christine Le Crom. L’affaire a depuis été dépaysée à Rennes. Au commissariat, il est vu à 22 h 40 par un médecin. A 00 h 30, le médecin constate un problème médical chez le fils, dont la mort est prononcée un peu plus tard.

Une autopsie révélatrice

Une information judiciaire a été ouverte en février 2019 pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. « La juge a ordonné des expertises complémentaires. Nous avons également demandé une contre-expertise médico-légale ainsi que le visionnage des images de vidéosurveillance », a indiqué Me Hélène Laudic-Baron, confirmant une information de Ouest-France.

L’autopsie avait révélé une hémorragie au niveau du thorax et une mort par asphyxie, selon l’avocate, précisant que le rapport toxicologique fait état de « 0,81 g d’alcool par litre de sang ». « Allan aurait fait un malaise en cellule. Tombé à genoux, il n’aurait pas eu le réflexe de relever la tête et se serait étouffé, mais lors de l’audience du 3 février, le magistrat instructeur a reconnu qu’aucun élément médical ne permettait de déterminer la cause du malaise », a ajouté la bâtonnière.

Pas de commentaire du parquet

Selon elle, « plusieurs témoins entendus par l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) affirment avoir vu Allan plaqué au sol par les policiers avec un genou sur le thorax et l’entendre crier ». De plus, « la fiche de surveillance de garde à vue indique qu’Allan était allongé sur sa banquette entre 22h40 et 0h30, alors que le rapport de l’IGPN décrivant la vidéosurveillance de sa cellule indique qu’il gît au sol depuis 22h40, à la suite de son malaise ». L’avocate a déposé plainte pour « faux et usage de faux ».

Le procureur de la République de Rennes Philippe Astruc n’a pas souhaité commenter ces informations afin de « préserver la sérénité des investigations dans ce dossier difficile et dramatique ». Il convient « d’établir dans un premier temps la vérité des faits avant de pouvoir apprécier des éventuelles responsabilités pénales du fait de l’action ou inaction de tel ou tel », a-t-il dit.