Affaire du Centre du don des corps : 24 plaintes transmises à la justice

SCANDALE La plainte portera pour « atteinte à l’intégrité d’un cadavre » dans l'affaire des corps décomposés à l’Université Paris Descartes

J.-L.D. avec AFP

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L'université Paris-Descartes a laissé des corps en décomposition dans d'affreuses conditions
L'université Paris-Descartes a laissé des corps en décomposition dans d'affreuses conditions — HOUPLINE RENARD/SIPA

Vingt-quatre familles ont porté plainte dans l’enquête ouverte par le parquet de Paris pour « atteinte à l’intégrité d’un cadavre » visant les conditions de conservation de corps dans un centre spécialisé de l’Université Paris-Descartes, a-t-on appris ce vendredi de sources concordantes.

Vingt-quatre plaintes ont été envoyées ce vendredi et au moins une dizaine d’autres pourraient encore suivre, ont indiqué ces sources. « Ce sont des plaintes contre X pour atteinte à l’intégrité d’un cadavre », les chefs déjà visés par l’enquête, a indiqué Laurence Dezélée, l’une des plaignantes.

Les conditions indécentes dénoncées dans un journal

Un article de L’Express paru fin novembre dénonçait les « conditions indécentes » de conservation de dépouilles de « milliers de personnes ayant fait don de leur corps à la science ».

« Dans des locaux vétustes, les dysfonctionnements du centre et les problèmes de gestion ont eu une conséquence terrible : des dépouilles putréfiées, rongées par les souris, à tel point que certaines ont dû être incinérées sans avoir pu être disséquées », relatait l’hebdomadaire, décrivant des corps empilés.

Un collectif de familles

A la suite de cet article, une enquête a été ouverte par le pôle santé publique du parquet et confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

D’après Laurence Dezélée, « les familles se sont regroupées dans un collectif et réfléchissent à former une association ». Elles envisagent également une manifestation fin février devant le Centre de don des corps à Paris, depuis fermé administrativement sur ordre de la ministre de la Recherche.

Une mission d’inspection a été lancée par l’Université. En janvier, le Sénat a voté un amendement du gouvernement au projet de loi bioéthique​ visant à encadrer les conditions de dons du corps à la science.