Montpellier : Le maire Philippe Saurel a été mis en examen pour diffamation

JUSTICE L’affaire concerne une lettre à en-tête de la métropole envoyée par l’élu aux habitants des communes dont le maire n’a pas voté le budget de la collectivité

Nicolas Bonzom

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Philippe Saurel.
Philippe Saurel. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Le maire et président de la métropole de Montpellier, Philippe Saurel, a été mis en examen ce mardi matin pour « diffamation », a-t-il confirmé à « 20 Minutes ».
  • L'affaire concerne une lettre à en-tête de la métropole, envoyé par l'élu aux habitants des communes dont le maire n'a pas voté le budget de la collectivité.

Maire et président de la métropole de Montpellier, Philippe Saurel (divers gauche) a été mis en examen ce mardi matin pour « diffamation », a confirmé l’élu à 20 Minutes. Le 5 avril 2019, onze maires, conseillers municipaux et métropolitains, dont certains avaient été écartés de l’exécutif métropolitain lors d’un remaniement en profondeur quelques mois plus tôt, avaient déposé plainte contre l'élu.

Au cœur de cette plainte, une lettre à en-tête de la métropole, reçue en février 2019 par les habitants des communes dont les représentants n’ont pas voté le budget de la collectivité. Avec leur vote, ces élus auraient ainsi refusé « les projets communs qui sont au cœur de vos attentes et de votre quotidien », avait écrit dans cette missive Philippe Saurel, avant d’énumérer les dossiers que porte la métropole de Montpellier, comme la réalisation de la ligne 5 du tramway, la lutte contre les inondations, la non-augmentation des impôts, les pistes cyclables ou l’accessibilité pour les handicapés.

Des exemples de lettres reçues par les habitants de certaines communes de la métropole de Montpellier.
Des exemples de lettres reçues par les habitants de certaines communes de la métropole de Montpellier. - N. Bonzom / Maxele Presse

Une « véritable stratégie punitive »

Dans cette lettre, « Philippe Saurel explique que, puisque ces élus ont voté contre le budget, ils sont contre l’accessibilité pour les personnes handicapées, la lutte contre les inondations, etc., s’indigne Maxime Rosier, l’avocat qui a porté la plainte des élus, le 5 avril 2019. Ce sont des maires de petites communes, et se faire taper sur la tête comme ça, cette véritable stratégie punitive, ils n’ont pas souhaité laisser passer ça. »

La plainte en diffamation concernait aussi une déclaration du président de la métropole à France 3. « Ceux qui se révoltent sont ceux qui ne sont plus vice-présidents et qui ont perdu, tous les mois, un salaire qui correspondait à ce mandat », avait expliqué Philippe Saurel, interrogé sur la colère des maires après la distribution de la lettre.

« Le président de la métropole explique que les élus n’ont pas voté pas le budget parce qu’ils ont perdu un salaire, que leur vote n’est pas dans l’intérêt de leur commune, mais en raison d’intérêts personnels et financiers ! », reprend Maxime Rosier.

« Les propos que j’ai tenus n’ont rien de diffamatoire »

Cette mise en examen n’a pas surpris Philippe Saurel. « Pour des affaires de diffamation, la mise en examen est automatique », indique à 20 Minutes le maire, qui avait, en réponse à la démarche des onze élus, déposé plainte pour dénonciation calomnieuse. « Les propos que j’ai tenus n’ont rien de diffamatoire, ils sont l’exacte vérité, souligne-t-il. Mais les maires les ont utilisés contre moi à des fins politiques. »

Quant à la lettre, poursuit Philippe Saurel, elle ne présente, elle non plus, aucun caractère diffamatoire. « C’est une lettre d’information aux citoyens des communes dont les maires ont voté contre le budget, confie l’élu. Cette lettre a été envoyée aux seuls habitants des communes dont les maires ont utilisé le budget comme faire-valoir politique. Un certain nombre d’autres maires se sont abstenus. En principe, lorsqu’ils veulent affirmer leur indisposition à l’égard de la structure ou du président, ils s’abstiennent. Là, ils ont voté contre, avec un mot d’ordre politique. Après, il ne faut pas qu’ils expliquent aux habitants qu’ils ont à l’origine des projets de la métropole ! »

La plainte déposée simultanément, le 5 avril 2019, pour « prises illégales d’intérêts et détournements de fonds publics », est toujours en cours de procédure. Les élus s’étaient insurgés que Philippe Saurel utilise de l’argent public pour distribuer un « tract politique », avait indiqué René Revol (FI), le maire de Grabels, lors du dépôt de la plainte. En réaction, Philippe Saurel rappelle le coût de cette opération : 7.000 euros.