Valence : Au moins douze ans de prison requis contre l'homme ayant foncé sur des militaires devant une mosquée

TENTATIVE D'ASSASSINAT Deux mois après les attaques terroristes de Paris, Raouf El Ayeb avait foncé en voiture sur des militaires de l'opération Sentinelle postés devant la mosquée de Valence

20 Minutes avec AFP

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Illustratino de militaires Sentinelle en patrouille à Tours.
Illustratino de militaires Sentinelle en patrouille à Tours. — GUILLAUME SOUVANT/SIPA

Une peine d’au moins 12 ans de réclusion a été requise mercredi contre l’homme qui avait blessé quatre militaires de l'opération Sentinelle il y a quatre ans, en leur fonçant dessus en voiture devant la mosquée de Valence.

Raouf El Ayeb, 33 ans, père de famille de nationalité tunisienne, comparaît devant la cour d’assises de la Drôme pour tentative de meurtres. Le verdict est attendu dans la soirée après la plaidoirie de la défense.

La qualification « terroriste » écartée

Retenue un temps, la qualification « terroriste » a finalement été écartée pour ces faits survenus un an après l'attaque de Charlie Hebdo en janvier 2015 et deux mois après les attentats de Paris en novembre 2015. « On ne va pas mettre tout ceci sur le dos de Raouf El Ayeb », a déclaré l’avocat général, Michel Coste, en préambule à son réquisitoire.

Mais « il était déterminé par le contexte dans lequel nous nous trouvions », a ajouté le magistrat en rappelant le « vrombissement d’un moteur et le crissement des pneus » entendus par des témoins avant que la voiture de l’accusé percute la patrouille.

Le 1er janvier 2016, l’accusé avait chargé à deux reprises les victimes qui patrouillaient sur le parking de la mosquée de Valence. Les militaires avaient riposté par des tirs après sommations, le touchant à un bras et aux jambes. Deux d’entre eux, blessés légèrement, s’étaient vus reconnaître cinq et huit jours d’incapacité totale de travail.

Il avait « les nerfs »

L’information judiciaire n’a pas établi que ce passage à l’acte avait été préparé dans le cadre d’une entreprise terroriste, malgré la découverte de propagande jihadiste chez l’accusé et ses premières déclarations dans lesquelles il revendiquait un tel acte.

Par la suite, Raouf El Ayeb a expliqué avoir voulu « taper » des militaires parce qu’il avait « les nerfs », puis se suicider par procuration en attaquant des soldats armés, avant de mettre son geste sur le compte de troubles mentaux.

L’accusé a fait l’objet de plusieurs expertises psychiatriques contradictoires sur son état au moment des faits, certaines concluant à l’altération voire à l’abolition de son discernement, un autre à son entière responsabilité pénale. L’avocat général a retenu l’altération du discernement, réduisant ainsi la peine encourue à 30 ans de réclusion au lieu de la perpétuité, avant de requérir « au moins 12 ans » de réclusion criminelle, sans réclamer de peine de sûreté.