Chambéry : Un étudiant sans histoires confesse avoir « ri comme un fou » après avoir tué de 28 coups de couteau un SDF

ASSISES Adrien Bottolier, 24 ans, a livré des aveux glaçants au deuxième jour de son procès devant la cour d’assises de la Savoie

C.G. avec AFP

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Illustration de la justice.
Illustration de la justice. — Pixabay

Des aveux glaçants qui ont plongé l’assistance dans la plus grande perplexité. Au second jour de son procès pour meurtre devant la cour d’assises de la Savoie, Adrien Bottolier, 24 ans, a confessé froidement s'« être mis à rire comme un fou » en voyant ses mains « ensanglantées », juste après avoir assassiné de 28 coups de couteau un sans-abri à Chambéry. C’était le 20 mai 2015.

Présenté comme un étudiant « sans histoires », le jeune homme a été longuement interrogé mardi sur les raisons de son geste fou. Sans parvenir à livrer d’explications convaincantes. Si ce n’est qu’il voulait « rester dans les mémoires ». Extrait du box sous escorte pénitentiaire, l’accusé n’a pas tremblé une fois devant la cour et les jurés. Les mains placées à côté du micro, il a posément raconté ce qui l’avait conduit à passer à l’acte.

Des pulsions incontrôlables

« Mes pulsions montaient depuis plusieurs jours et je n’arrivais pas à les contrôler », décrit avec détachement l’accusé, lunettes aux montures noires, pull gris sur une chemise bleu ciel. Quelques minutes avant le crime, il a conversé sur Facebook avec une amie installée au Canada : « J’ai enfin trouvé le crime parfait », lui écrit-il. Adrien Bottollier avait déjà évoqué avec elle la possibilité de rester « dans les mémoires » comme « un psychologue tueur en série », raconte le président Yves Le Bideau.

La nuit du meurtre, l’étudiant raconte s’être saisi d’un couteau de cuisine dans son appartement de Chambéry, puis l’avoir glissé dans sa poche pendant que sa petite amie dormait dans la chambre. « Je n’ai pas pu me retrouver seul pour me scarifier, alors je suis sorti errer dans Chambéry, avec l’espoir que mes pulsions meurtrières s’arrêtent là », relate le jeune homme, qui avait pris l’habitude de se taillader afin de « garder le contrôle » de son corps atteint par la polyarthrite.

Une cigarette offerte avant les coups de couteau

Il croise alors la route d’un quinquagénaire, très alcoolisé et perdu, sous curatelle renforcée. Ils discutent quelques minutes et tandis qu’Adrien Bottollier lui roule une cigarette, l’homme confie qu’il n’a ni femme ni enfant. Pour l’accusé, c’est « la dernière barrière qui a sauté ». Adrien Bottollier porte un premier coup de couteau à l’œil de sa victime. « J’espérais qu’en touchant le cerveau, ce serait terminé en un instant ». Mais suivent 27 autres coups, dont il n’a, assure-t-il, aucun souvenir. Un « blanc » de plusieurs minutes dont doute un psychiatre qui l’a expertisé.

Ce fan déclaré du Joker, l’adversaire fou à lier de Batman, se revoit en revanche « être en train de rire comme un fou » en rentrant chez lui, les mains encore ensanglantées. En dépit des apparences et du pantalon baissé, il affirme qu’il n’y a eu « aucune composante sexuelle dans ce crime », se rappelant simplement avoir eu une relation sexuelle avec sa petite amie à son retour.

« Je suis un tueur, c’est fou, non ? »

« Je me suis coupé de toutes mes émotions, pour que personne ne se rende compte de rien. Alors que j’avais l’impression d’avoir sur moi un panneau clignotant sur lequel était écrit “assassin”. A son amie du Canada, il envoie les jours suivants le lien Internet d’un article parlant de son crime : « C’est moi ça (…) Je suis un tueur, c’est fou, non ? » A son meilleur ami, il raconte « comme s’il revivait la scène » ce même crime.

Entendu à la barre, ce dernier confie son malaise face à ce récit : « C’est compliqué de croire quelque chose comme ça. » Mais « j’avais tellement de doutes que j’avais peur la nuit où je suis resté dormir chez lui ».

Le verdict devrait être prononcé jeudi.