Femme tuée par des chiens : Le chef de la chasse à courre placé sous statut de témoin assisté

JUSTICE L’avocat du chef de la chasse à courre annonce avoir demandé que son client soit placé sous statut de témoin assisté pour pouvoir se défendre, dans l’affaire de la femme tuée par des chiens

G.D. avec AFP

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Illustration d'une chasse à courre.
Illustration d'une chasse à courre. — Lionel Bonaventure / AFP
  • Le 16 novembre, une femme enceinte de 29 ans était tuée par des chiens dans une forêt de l’Aisne.
  • Le chef de la chasse à courre, qui était organisée ce jour-là, a été placé, mardi, sous le statut de témoin assisté à sa demande, selon son avocat.
  • Avec ce statut intermédiaire entre la mise en examen et le statut de témoin simple, le chef du rallye La Passion aura accès au dossier.

Le 16 novembre, une femme enceinte de 29 ans était tuée par des chiens dans une forêt de l’Aisne. Le chef de la chasse à courre qui était organisée ce jour-là, a été placé, mardi, sous le statut de témoin assisté à sa demande, selon son avocat.

« On a été mis en cause médiatiquement, sans qu’on ait jusqu’alors la possibilité de se défendre, donc on a demandé à la juge d’instruction de nous octroyer ce statut », a déclaré Guillaume Demarcq, avocat de Sébastien Van den Berghe, maître d’équipage du Rallye la Passion, organisatrice de la chasse.

Il pourra « désormais se défendre judiciairement »

Avec ce statut intermédiaire entre la mise en examen et le statut de témoin simple, ils auront accès au dossier et Sébastien Van den Berghe pourra « désormais se défendre judiciairement ».

« Mon client conteste formellement que ses chiens aient quoi que ce soit à voir avec le décès d’Elisa Pilarski. Pour lui, c’est une journée de chasse comme une autre, il ne s’est absolument rien passé », a ajouté Me Demarcq.

Dans une déclaration, Pierre de Roüalle, président de la société de vénerie qui regroupe les associations de chasse à courre françaises, a affirmé que, « au cours des 18.000 journées de chasse à courre organisées chaque année à travers 70 départements, jamais aucun accident corporel humain impliquant des chiens de vénerie n’a été relevé ».

Plusieurs morsures de chiens

Elisa Pilarski, partie se promener avec son chien Curtis, a été retrouvée morte le 16 novembre en forêt de Retz où une chasse à courre était organisée parallèlement. D’après l’autopsie, le décès a pour origine « une hémorragie consécutive à plusieurs morsures de chiens aux membres supérieurs et inférieurs ainsi qu’à la tête ».

Afin d’identifier les animaux responsables, des prélèvements génétiques ont été effectués sur 67 chiens : les cinq american staffordshire d’Elisa Pilarski et 62 chiens appartenant à l’association le Rallye la Passion. Les résultats ne sont pas connus pour l’instant.

Selon une source proche de l’enquête, l’un des chiens de la victime, Curtis, qui serait un croisé entre un whippet et un patterdale-terrier, avait dans le passé déjà mordu Elisa et a mordu une « soignante » bénévole du service pour l’assistance et le contrôle du peuplement animal de Beauvais, où il est sous réquisition.

« Cette morsure n’a aucun intérêt »

« Elle a été mordue juste après que le chien sort d’un événement très traumatique, cette morsure n’a aucun intérêt sur le fond du dossier, la mort d’Elisa Pilarski », a fait valoir Eric Alligné, avocat du conjoint d’Elisa Pilarski.

Selon lui, le placement sous témoin assisté de Sébastien Van den Berghe « prouve qu’il y a un début d’implication ou de connexion qui se rapporte au Rallye la Passion dans ce dossier ».

Une information judiciaire contre X est en cours pour « homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence (…) résultant de l’agression commise par des chiens ».