Affaire Barbarin : Le cardinal, poursuivi pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs, relaxé à Lyon

NON DENONCIATION Le cardinal de Lyon, condamné en première instance à de la prison avec sursis, était poursuivi pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs

Caroline Girardon

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La cour d'appel de Lyon doit rendre son jugement le 30 janvier dans l'affaire Barbarin.
La cour d'appel de Lyon doit rendre son jugement le 30 janvier dans l'affaire Barbarin. — Jeff Pachoud / AFP

Le cardinal Barbarin a été relaxé par la cour d’appel de Lyon ce jeudi après-midi. Une décision conforme aux réquisitions du procureur de la République ayant demandé en novembre dernier que le prélat soit relaxé « des chefs de prévention » de non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs. Une heure après, les avocats des victimes ont annoncé qu’ils allaient se pourvoir en cassation.

En mars 2019, Philippe Barbarin, mis en cause par d’anciens scouts rassemblés au sein de La Parole libérée, avait été condamné à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lyon avant de faire appel de cette décision, tout comme le parquet.

« Le cardinal Barbarin gagne sur le droit, pas sur la morale »

A l’annonce de la décision de la cour d’appel, Stéphane Hoarau, l’une des victimes a fait part de sa « profonde déception ». « C’est dur à entendre. Le cardinal Barbarin gagne sur le droit, pas sur la morale », lâche-t-il, estimant que le procès a toutefois été « utile pour la prise de conscience dans la société ».

« L’appréciation de la cour d’appel est ainsi. Il n’y a aucun regret d’avoir fait tout ça, poursuit de son côté François Devaux, l’un des fondateurs de la Parole Libérée. Tout le monde est d’accord pour dire que depuis, une prise de conscience a émergé. Mais aujourd’hui, on sait que le ministère de la Justice n’est pas à la hauteur de la réalité du fléau des agressions sexuelles ».

Condamné en mars 2019

L’an dernier, les juges du tribunal correctionnel de Lyon avaient estimé que le cardinal aurait dû alerter la justice et la police des agissements du Père Preynat dès le mois de juillet 2014, lorsque Alexandre Hezez, l’une des victimes de l’ancien prêtre, l’a contacté pour lui en parler.

Or, le cardinal Barbarin ne l’a pas fait et le curé est resté en activité dans le diocèse de Lyon jusqu’en août 2015. Réduit à l’état laïc en juillet dernier après avoir été jugé par le tribunal ecclésiastique, Bernard Preynat a été jugé au mois de janvier par le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits d’agressions sexuelles sur mineurs remontant aux années 1980 et 1990. Le parquet a requis à son encontre une peine «  pas inférieure à huit années de prison ». La décision sera rendue le 16 mars.