Valence : Jugé aux assises pour avoir foncé sur des militaires devant une mosquée

TENTATIVE D'HOMICIDE Raouf El Ayeb sera jugé dès ce lundi devant la cour d’assises de la Drôme pour avoir foncé sur quatre hommes de l’opération Sentinelle le 1er janvier 2016

20 Minutes avec AFP

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Lyon, le 13 mars 208. Illustration à la cour d'assises
Lyon, le 13 mars 208. Illustration à la cour d'assises — E. Frisullo / 20 Minutes

Acte terroriste ou œuvre d’un schizophrène ? La cour d'assises de la Drôme se penchera lundi sur le cas de Raouf El Ayeb, accusé de tentative d’homicide sur quatre militaires devant la mosquée de Valence en 2016.

Le 1er janvier 2016 en début d’après-midi, après s’être arrêté quelques instants sur le parking de la mosquée de Valence, Raouf El Ayeb avait foncé au volant de sa voiture sur quatre soldats de l'opération Sentinelle.

Ce père de famille de nationalité tunisienne, aujourd’hui âgé de 33 ans, avait chargé à deux reprises les militaires, qui avaient riposté après sommations, le blessant à un bras et aux jambes.

Légèrement blessés

Deux des quatre militaires, blessés légèrement, s’étaient vu reconnaître cinq et huit jours d’incapacité totale de travail.

La qualification « terroriste » avait été écartée pour ces faits survenus après les attaques de Charlie Hebdo en janvier 2015 et de Paris en novembre 2015. L’enquête n’avait pas permis de conclure à la préméditation, en dépit de la découverte de propagande jihadiste sur son ordinateur.

Au cours de ses différents interrogatoires, le trentenaire avait successivement déclaré avoir pris pour cible les quatre hommes parce qu’il s’agissait de militaires, puis avoir agi pour être lui-même tué par les soldats armés, avant d’évoquer un trouble mental.

L’accusé a fait l’objet de quatre expertises psychiatriques, les deux dernières concluant à l’altération de son discernement. « On veut lui faire un procès terroriste alors qu’on va faire le procès d’un schizophrène », a dénoncé l’avocat de la défense, Me Philippe Tatiguian.

L’acte d’un schizophrène ?

« L’agression était symboliquement grave, oui il avait l’intention de s’en prendre aux militaires mais c’est l’intention d’un schizophrène », a-t-il ajouté, en souhaitant que les faits soient reconsidérés comme des « violences avec arme ».

L’avocat des quatre soldats, Me Thibault de Montbrial, a de son côté estimé que si une « part de déséquilibre » pouvait être reconnue chez l’accusé, « plusieurs éléments objectifs démontrent son intention homicide ». « Nous attendons que son acte soit reconnu comme un acte volontaire contre les militaires », a-t-il poursuivi.

Le verdict est attendu mercredi.