Bretagne : Un businessman canadien condamné à trois ans de prison pour avoir coulé une société

JUSTICE Louis Lagassé a également écopé d’une lourde amende de 375.000 euros

J.G. avec AFP

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Illustration d'un procès au tribunal correctionnel.
Illustration d'un procès au tribunal correctionnel. — Jean-Marc Quinet/ISOPIX/SIPA

Il avait racheté en 2005 la société Lagassé communication et industries (LCI), une filiale du groupe EADS basée à Douarnenez et qui employait 220 personnes (Finistère). Mais en 2012, l’entreprise avait été liquidée, laissant sur le carreau 39 salariés. L’homme d’affaires canadien Louis Lagassé a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Quimper à trois ans de prison et 375.000 euros d’amende pour banqueroute et abus de biens.

Absent lors du délibéré, le businessman a également écopé d’une « interdiction définitive d’exercer une activité commerciale ou industrielle, de diriger, administrer, gérer ou contrôler une entreprise ou une société ». Le tribunal n’a pas prononcé de mandat de dépôt à son encontre.

Les parties civiles satisfaites

Louis Lagassé, à la tête du groupe canadien GPV spécialisé dans les télécommunications sécurisées, « a été opéré le 22 décembre », a justifié son avocat Kossi Amavi devant le tribunal, précisant que, depuis, le prévenu se déplaçait en fauteuil roulant. Le parquet avait requis à son encontre le 28 octobre une peine de trois ans d’emprisonnement et une amende de 75.000 euros.

« Louis Lagassé, par ses agissements, commis sur une longue période, a appauvri une personne morale, au point de la rendre si exsangue que le tribunal de commerce n’a pu que décider de sa liquidation judiciaire », a indiqué le tribunal dans son jugement. « Cette décision tant attendue est très satisfaisante », a réagi au terme du délibéré l’avocate des 21 anciens salariés licenciés qui se sont portés parties civiles, Dominique Le Guillou Rodrigues.

Il devra verser 180.000 euros aux salariés licenciés

« M. Lagassé clame toujours son innocence », a pour sa part assuré Me Amavi. « Il a fait ce que tout homme qui gère une société doit faire », a-t-il indiqué, estimant que ce « procès n’aurait pas eu lieu au Canada, ni ailleurs en Europe ».

L’homme d’affaires a dix jours pour éventuellement faire appel. Au civil, le septuagénaire a notamment été condamné, toutes sommes cumulées, à verser quelque 180.000 euros de dommages et intérêts aux salariés licenciés.