Un super flic soupçonné de malversations, limogé par Castaner

POLICE Jean-François Illy, ancien directeur départemental de la sécurité publique du Bas-Rhin à Strasbourg et actuellement en poste dans les Alpes Maritimes, vient d’être limogé par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner

G.V. avec AFP

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Jean-Francois Illy, ancien directeur de la DDSP du Bas-Rhin dans son bureau à Strasbourg en 2015.
Jean-Francois Illy, ancien directeur de la DDSP du Bas-Rhin dans son bureau à Strasbourg en 2015. — G. Varela / 20 Minutes

Soupçonné de malversations, limogé… La nouvelle est tombée mercredi matin lors des vœux du syndicat Unsa-Police : le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a annoncé « soutenir » la proposition du directeur de la police nationale de « démettre de ses fonctions » le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) des Alpes-Maritimes, Jean-François Illy. Ce dernier est soupçonné de malversations.

Lorsqu’il était en poste à Strasbourg

Ce cadre de la police nationale, âgé de 55 ans, fait en effet l’objet d’une enquête administrative de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Il est notamment soupçonné d’avoir utilisé son chauffeur et sa carte bancaire de service pour des activités et des frais non professionnels lorsqu’il était le DDSP du Bas-Rhin, selon une source proche du dossier. Poste qu’il a occupé de fin 2012 à début 2019.

Si ses méthodes de management ont pu être décriées, son parcours professionnel était jusqu’ici sans tache. Il s’était également illustré plus tôt dans sa carrière alors qu’il était commissaire divisionnaire à Sarcelles (Val-d’Oise) : Jean-François Illy avait en effet été surnommé « commissaire courage » par les médias après avoir été roué de coups par des jeunes qu’il tentait de calmer, lors des émeutes à Villiers-le-Bel en novembre 2007.

Il avait été gravement blessé et le président Nicolas Sarkozy, accompagné de la ministre de l’Intérieur de l’époque, Michèle Alliot-Marie, s’étaient alors rendus à son chevet.

Un banal audit

Mais l’été dernier, un banal audit de la DDSP du Bas-Rhin par l’IGPN a précipité sa chute. Selon une source proche du dossier, cet audit a mis au jour des « anomalies » dans l’usage des voitures de l’administration, des cartes essence, des cartes achat ou encore de badges autoroutiers. Une enquête administrative est alors diligentée, toujours en cours, qui a mis en lumière d’importantes irrégularités estimées à plusieurs milliers d’euros, sur plusieurs années.

« Extrêmement craint au sein des personnels » de la DDSP du Bas-Rhin, Jean-François Illy y menait « un management de la terreur, qui a conduit à ce que personne ne parle et qu’il y ait une sorte d’omerta autour de tout cela », a commenté une source policière locale. Il « dirigeait tout d’une main de fer, toutes les décisions étaient prises par lui, aucune hiérarchie intermédiaire ne décidait. Il prenait tout pour lui, voulait être informé tout le temps, en direct, jour et nuit. Tout était centré sur son décisionnel », a ajouté cette source, reconnaissant toutefois que « d’un point de vue policier, il n’y avait pas grand-chose à lui reprocher ».

« On est satisfait de la décision : que ce soit un tout petit gardien de la paix ou un grand directeur, elle montre que tout le monde est soumis aux mêmes règles », s’est réjoui pour sa part Emmanuel Georg, secrétaire régional Alsace d’Unité SGP Police FO, qui entretenait des relations très conflictuelles avec Jean-François Illy.

DDSP adjoint des Bouches-du-Rhône du 2010 à 2012, le commissaire y a également laissé le souvenir d’un homme « narcissique » qui pouvait parfois « complètement péter les plombs » et faisait preuve « d’acharnement sur les subordonnés qui ne lui revenaient pas », selon une source policière à Marseille.

Jean-François Illy a finalement été « démis de ses fonctions » mercredi.