Véganisme : Un tribunal du Royaume-Uni statut que cette pratique est une « croyance philosophique »

CONSCIENCE ANIMALE Cette décision de justice est une victoire pour la défense, qui estime qu’elle contribuera à « encourager » cette pratique et protéger les végans « contre la discrimination »

20 Minutes avec agences
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Illustration de la balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration)
Illustration de la balance de Thémis, symbole de la Justice. (Illustration) — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

La justice britannique du travail a jugé ce vendredi que le véganisme éthique constituait une « croyance philosophique » protégée par la législation contre les discriminations, dans le cadre d’une affaire sur un licenciement contesté. « Je suis totalement convaincu que le véganisme éthique constitue une croyance philosophique », a déclaré le juge Robin Postle, du tribunal prud'homal de Norwich (est de l' Angleterre).

Un végan éthique ne consomme aucun aliment d’origine animale et refuse aussi toute exploitation animale (port de cuir, de laine ou utilisation de cosmétiques testés sur des animaux). La loi de 2010 sur l’égalité définit la « croyance philosophique » comme une croyance authentique, et « non une opinion ou un point de vue basé sur l’état actuel des informations disponibles ». Elle doit aussi être compatible avec la dignité humaine et ne pas entrer en conflit avec les droits fondamentaux d’autrui.

« Effet domino »

Le juge a également estimé que Jordi Casamitjana, un résident de Londres de 55 ans estimant avoir été licencié pour ses convictions véganes, adhère à cette croyance. Ce jugement « contribuera à encourager le véganisme parce que les végans qui pourraient avoir peur de parler de leur croyance, qui pourraient ne pas se sentir bienvenus, se sentiront désormais valorisés », a réagi le Londonien devant la presse.

Cela aura « un effet domino », selon lui. Avec plus de végans, cela aidera « plus d’animaux, l’environnement, la santé ». « C’est un jugement très important. Il reconnaît pour la première fois que le véganisme éthique (…) peut être protégé contre la discrimination », a commenté son avocat, Peter Daly. Toute insulte envers des végans éthiques « pourrait être perçue comme du harcèlement de la même manière qu’une insulte raciste ou sexiste peut être discriminatoire ».

Statuer sur le caractère discriminatoire

Le tribunal devra désormais déterminer si Jordi Casamitjana a été ou non discriminé par son ancien employeur en raison de sa croyance. Ce dernier affirme avoir été congédié par une association de lutte pour l’interdiction de « sports cruels » faisant intervenir des bêtes, après s’être inquiété du fait que le fonds de retraite des salariés investissait dans des entreprises pratiquant des tests sur les animaux.

L’association assure que son ex-salarié a été licencié pour faute grave. Selon un sondage Ipsos Mori commandé par The Vegan Society, il y avait en 2019 près de 600.000 véganes au Royaume-Uni.