Dordogne : L’institutrice d’une enfant défenestrée par son camarade relaxée

PROCES La directrice de l’école, Elisabeth Jaccard, et de la référente de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) chargée du suivi du garçon, avaient été mises en examen peu après le drame

20 Minutes avec AFP

— 

Illustration d'une école.
Illustration d'une école. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Une enseignante poursuivie pour « homicide involontaire », après la mort d’une écolière trisomique de 8 ans défenestrée par son camarade « psychotique » en 2015 à Périgueux, a été relaxée par le tribunal correctionnel d’Angoulême.

Selon le tribunal, qui a relaxé l’institutrice pour « absence de faute caractérisée », cette dernière ignorait que le petit garçon avait déjà commis un geste similaire, blessant une fillette, et ne pouvait pas avoir conscience de la « particulière gravité » des risques encourus. Six mois de prison avec sursis avaient été requis à l’audience le 10 décembre.

Un petit garçon à la personnalité « psychotique »

Laly, 8 ans, était morte le 9 janvier 2015 après avoir été poussée la veille, d’une hauteur de 5 m, d’une fenêtre de son école par un camarade du même âge, identifié pour ses troubles du comportement. L’expertise menée durant l’enquête avait révélé une personnalité « psychotique ». Les faits étaient survenus à Périgueux mais l’enquête avait été dépaysée, les parents adoptifs de la victime étant employés par l’administration judiciaire de Dordogne.

La chute de la fillette s’était produite dans une classe pour l’inclusion scolaire (CLIS) de l’école privée du Sacré-Coeur accueillant des enfants atteints de handicaps psychomoteurs et/ou de troubles du comportement. Le drame avait débouché sur la mise en examen de la directrice de l’école, Elisabeth Jaccard, et de la référente de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) chargée du suivi du garçon, mais seule la première a été renvoyée devant la justice.

Les services sociaux avaient alerté sur d'« autres passages à l’acte »

« Je me reprocherais toute ma vie ce qui s’est passé », avait déclaré à la barre cette femme de 49 ans, en pleurs, à l’évocation des « trois à cinq minutes » où tout a basculé. « Jamais » elle n’aurait inscrit le garçon si elle avait « été mise au courant » de ses « antécédents » : en 2013, il avait déjà poussé du premier étage une fillette de 2 ans, la blessant légèrement.

Placé depuis ses 2 ans et demi, évoluant dans un lourd contexte familial – le père a été condamné à 4 ans ferme pour l’avoir agressé sexuellement – le garçon était suivi par les services sociaux. En 2014, ils mettaient en garde contre d'« autres passages à l’acte », une information non parvenue jusqu’à l’école.