Affaire Preynat : Des victimes s’opposent à la publication de leurs témoignages dans un livre

ENQUETE L’ex-prêtre Bernard Preynat, qui doit être jugé en janvier à Lyon, est accusé d’agressions sexuelles sur des dizaines de victimes

20 Minutes avec AFP

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Dans une église de la région de Lyon. (archives)
Dans une église de la région de Lyon. (archives) — JEFF PACHOUD / AFP

Deux victimes de Bernard Preynat, ex-prêtre qui sera jugé pour agressions sexuelles en janvier à Lyon, s’opposent à la publication de leurs témoignages dans un recueil à paraître avant le procès.

Lundi, elles assignent en référé, devant le tribunal de grande instance de Lyon, l’association La Parole Libérée et l’éditeur parisien du livre Abusés, pour obtenir la suspension de sa sortie prévue le 10 janvier. Leurs témoignages y figurent parmi ceux d’une quinzaine de victimes de Bernard Preynat, désignées seulement par leur prénom.

« C’est comme si on me volait des mots, qu’il m’a été très, très difficile d’écrire »

Auparavant, tous ces écrits avaient été publiés – à leur demande – sur le site Internet de La Parole Libérée, association créée fin 2015 quand l’affaire Preynat a éclaté. En avril, la maison d’édition Temps Présent a demandé à François Devaux, un des cofondateurs de l’association, l’autorisation de publier ces témoignages dans un recueil.

François Devaux a accepté sans consulter les victimes, ce que les plaignants lui reprochent. « C’est comme si on me volait des mots, qu’il m’a été très, très difficile d’écrire. Je ne l’accepte pas (…) On ne m’a jamais demandé mon avis (…) c’est un but totalement mercantile et mes mots ne sont pas là pour ça », juge l’un d’eux, auteur d’un mail véhément envoyé récemment à François Devaux avec des journalistes en copie cachée.

« Une maladresse »

Ce dernier reconnaît « une maladresse » : il pensait que l’autorisation de publication sur le site vaudrait aussi pour le livre. « Ce recueil est un beau projet que La Parole Libérée avait à cœur de soutenir », ajoute François Devaux en précisant que les droits d’auteur – environ 700 euros au total sur les 1.000 exemplaires tirés, estimation de l’éditeur – seront reversés à l’association.

L’affaire intervient dans un contexte de tensions au sein de l’association, en particulier entre l’autre plaignant, Pierre-Emmanuel Germain-Thill, et les responsables historiques de La Parole Libérée dont fait partie François Devaux. Tous deux se retrouveront sur le banc des parties civiles au procès de Bernard Preynat, du 13 au 17 janvier devant le tribunal correctionnel de Lyon.