Les Fillon, le chirurgien de Jonzac et les parents de Fiona… Tour d’horizon des procès de 2020

PROCÈS « 20 Minutes » dresse la liste des principaux procès attendus au premier semestre 2020.

V.V.

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Penelope et François Fillon le 9 avril 2017 à Paris en meeting.
Penelope et François Fillon le 9 avril 2017 à Paris en meeting. — Thibault Camus/AP/SIPA

Un planning très chargé. Déjà bien rythmée en fin d’année 2019, l’actualité judiciaire ne devrait pas connaître beaucoup de répit durant les six premiers mois de 2020. Des époux Fillon aux personnes suspectées d’être impliquées dans les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper cacher, sans oublier les Balkany, nombreux sont ceux qui ont rendez-vous dans les prétoires durant les prochaines semaines. 20 Minutes dresse la liste des audiences les plus attendues…

Février : Les « emplois fictifs » de Penelope Fillon à la barre

Penelope Fillon, la femme de François Fillon, quittant leur appartement le 27 mars 2017.
Penelope Fillon, la femme de François Fillon, quittant leur appartement le 27 mars 2017. - Lionel BONAVENTURE / AFP

« Je voudrais vous dire que je ne trouve pas de mots pour dire mon dégoût devant le caractère abject de cette accusation… » Le 26 janvier 2017, au journal télévisé de TF1, François Fillon tentait encore de minimiser l’affaire des « emplois fictifs » prétendument occupés par son épouse, Pénélope. Il n’avait alors pas convaincu les Français qui l’ont éliminé, trois mois plus tard, de la course à l’Élysée dès le premier tour de l’élection, alors qu’il était le favori des sondeurs.

Qu’en sera-t-il des magistrats ? François et Pénélope Fillon ont rendez-vous du 24 février au 11 mars devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour être jugés pour « détournement de fonds publics ». Rémunérée comme collaboratrice à l’Assemblée nationale, Pénélope Fillon va devoir démontrer qu’elle n’a pas occupé un emploi fictif, d’abord auprès de son époux, puis, de son suppléant à l’Assemblée. Si les accusations remontant aux années 1980 sont prescrites, celles portant sur la période allant de 1998 à 2013 assurent que Pénélope Fillon a touché près d’un million d’euros de salaires au total pour un travail très restreint…

Février : Les Balkany encore de retour au tribunal

Le couple Balkany, au premier jour de leur procès en appel
Le couple Balkany, au premier jour de leur procès en appel - STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Ces derniers temps, Patrick et Isabelle Balkany passent presque plus de temps dans les tribunaux que dans leur mairie de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) qu’ils ont finalement choisi d’abandonner. Lourdement condamnés en première instance pour « fraude fiscale » et « blanchiment aggravé », déjà rejugés pour « fraude fiscale » en appel, ils ont, cette fois, rendez-vous à la cour d’appel de Paris pour répondre, à nouveau, des faits de « blanchiment ». Cela se passera du 3 au 19 février.

Accusés d’avoir dissimulé une partie de la fortune dans un patrimoine occulte pour se soustraire à l’impôt, Patrick et Isabelle Balkany ont annoncé qu’ils renonçaient à se présenter à leur propre succession à la mairie de Levallois qu’ils avaient conquise en 1983. « Quand un homme politique s’arrête, il meurt », avait pourtant justifié Patrick Balkany, à la barre, lors de son procès en première instance.

Mars : Premier procès pour le chirurgien de Jonzac

Ce n’est que le premier volet d’une affaire qui fait froid dans le dos. Joël Le Scouarnec va être jugé, du 13 au 17 mars devant la cour d’assises de Charente-Maritime, à Saintes, pour le viol de deux petites filles et trois autres agressions sexuelles. C’est en enquêtant sur ces faits que les gendarmes ont découvert chez ce chirurgien des carnets dans lesquels il laisse entendre qu’il a fait beaucoup plus de victimes tout au long de sa carrière.

Depuis, la procureure de la République de Lorient a indiqué que « 349 potentielles victimes de faits non prescrits » avaient été identifiées par les enquêteurs. Quel que soit le verdict du premier procès, Joël Le Scouarnec qui a, en partie, reconnu les faits sait déjà qu’il devra, dans les prochaines années, faire face à un nouveau procès.

Mai : Cécile Bourgeon jugée pour la 4e fois pour la disparition de Fiona

Affaire Fiona: Un rappeur strasbourgeois rend hommage à la
Affaire Fiona: Un rappeur strasbourgeois rend hommage à la - THIERRY ZOCCOLAN / AFP

C’était prévu pour le mois de janvier. Mais la grossesse de Cécile Bourgeon a conduit le président de la cour d’assises du Rhône à reporter en mai son quatrième procès. Acquittée des faits criminels en première instance, condamnée en appel avant d’être libérée par la Cour de cassation pour de multiples vices de forme, la mère de la petite Fiona sera jugée, une quatrième fois, pour les coups mortels ayant entraîné la mort sa fille, 5 ans, sans intention de la donner.

Près de sept ans après les faits, la mère de la fillette et son compagnon d’alors, Berkane Makhlouf, n’ont toujours pas livré les informations permettant de retrouver le corps de la fillette qu’ils ont reconnu avoir enterré « nue et sans même un doudou » au bord d’une forêt du Puy-de-Dôme. A Lyon, les magistrats ont prévu trois semaines d’audience du 26 mai au 12 juin pour tenter de savoir qui a porté les coups ayant conduit à la mort de la fillette « aux yeux feux d’artifice ».

Mai : Les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper cacher examinés

La BRI et les secours mobilisés devant le magasin Hyper Cacher de la Porte de Vincennes à Paris, lors de la prise d'otages qui a fait 4 morts le 9 janvier 2015.
La BRI et les secours mobilisés devant le magasin Hyper Cacher de la Porte de Vincennes à Paris, lors de la prise d'otages qui a fait 4 morts le 9 janvier 2015. - Francois Mori/AP/SIPA

Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly sont morts lors de leur odyssée sanglante. Mais cinq ans après, quatorze suspects vont répondre devant la justice de leur implication dans les attentats de Charlie-Hebdo et de l’Hyper Cacher qui avaient fait 17 morts les 7, 8 et 9 janvier 2015. Très attendu, ce procès sera le premier au sujet des récents attentats ayant ensanglanté la France.

Dans les faits, trois des quatorze suspects -Hayat Boumédienne, Medhi et Mohamed Belhoucine- sont visés par un mandat d’arrêt mais n’ont jamais été retrouvés, ayant quitté la France pour la Syrie. Selon plusieurs sources, certains d’entre eux sont morts. Les autres suspects, détenus en France, sont tous impliqués à des degrés divers dans l’organisation des attentats. Le procès prévu pour durer du 4 mai au 10 juillet aura lieu au tribunal de grande instance dans le 17e arrondissement de Paris et non sur l’île de la Cité pour des raisons d’organisation.