Accusations d'agression sexuelle : Un père reçoit une demande de rançon pour que son fils soit « épargné » en prison

GUADELOUPE L’homme a finalement été interpellé et condamné à deux ans de prison ferme en comparution immédiate

Vincent Vantighem

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Baie-Mahault (Guadeloupe), le 3 juillet 2016. Depuis sa cellule, un homme exigeait une rançon pour «épargner» un homme accusé d'agression sexuelle sur mineure.
Baie-Mahault (Guadeloupe), le 3 juillet 2016. Depuis sa cellule, un homme exigeait une rançon pour «épargner» un homme accusé d'agression sexuelle sur mineure. — HELENE VALENZUELA / AFP
  • Un homme a été arrêté et incarcéré sur l’île de la Guadeloupe pour une agression sexuelle commise sur une fillette de 4 ans.
  • Quelques jours plus tard, son père a reçu un coup de fil lui demandant une rançon pour que son fils soit « épargné » en prison.
  • Il a prévenu les gendarmes qui sont parvenus à arrêter les rançonneurs.

Les mots résonnent encore dans la tête de Charles*. Il y a quinze jours, ce père de famille installé en Guadeloupe reçoit un coup de fil auquel il ne s’attend pas. « Un homme que je ne connais pas me dit : ‘’C’est votre fils qui m’a donné votre numéro. Ce n’est pas bien ce qu’il a fait ! Vous savez ce qu’on fait aux gens comme lui ici ?’’ », raconte-t-il.

Charles hallucine et comprend immédiatement que son interlocuteur l’appelle depuis la prison de Baie-Mahault où son fils est incarcéré. Âgé de 19 ans, celui-ci a été arrêté, trois jours plus tôt, pour avoir perpétré une agression sexuelle sur une fillette de 4 ans dans une école. « On était déjà sous le choc. Et là cet homme me réclame 4.000 euros pour épargner mon fils en détention ! »

Une rançon en petites coupures payable en plusieurs fois…

L’homme qui passe le coup de fil a l’air sûr de son coup. Depuis sa cellule, il prend le temps de négocier et propose même des facilités de paiement. « Il m’a expliqué que je pouvais payer en plusieurs fois et en petites coupures, poursuit Charles. C’était, selon lui, le seul moyen d’épargner mon fils… »

Mais Charles n’a pas les moyens. Et selon Pascal Bon, son avocat, il a « le bon réflexe ». En effet, le père de famille décide de prévenir immédiatement les gendarmes de la brigade de recherches de Saint-Claude. Ceux-ci lui conseillent de maintenir le contact le temps de pouvoir monter un dispositif spécial. « Ils m’ont notamment demandé d’insister pour que je choisisse le lieu du rendez-vous où la rançon devait être remise », poursuit le père de famille.

Lundi dernier, sur une plage isolée de Guadeloupe, l’homme censé récupérer la rançon a donc été cueilli par les gendarmes. Son acolyte en détention a été arrêté en même temps. Jugé en comparution immédiate mardi, il a écopé d’une peine supplémentaire de deux ans de prison ferme. Le fils de Charles sera, lui, jugé le 14 janvier pour « agression sexuelle sur mineure ».

* Le prénom a été changé