Manifestation du 1er-Mai à Paris : Quatre mois de prison avec sursis pour le CRS qui a giflé un manifestant

CONDAMNATION Sur des vidéos qui ont été diffusées sur les réseaux sociaux, le policier gifle le manifestant, dont la mère cherche à s’interposer

20 Minutes avec AFP

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Des policiers à Paris lors des manifestations du 1er mai.
Des policiers à Paris lors des manifestations du 1er mai. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Un CRS qui a donné deux gifles à un manifestant venu au défilé du 1er-mai à Paris a été condamné ce jeudi à quatre mois de prison avec sursis. Le parquet en avait requis cinq.

Le policier devra également verser 1.000 euros au manifestant pour les dommages et intérêts. Le tribunal a aussi accordé que la condamnation ne soit pas inscrite au casier judiciaire du policier afin qu’il puisse continuer sa carrière. Dans la vidéo, diffusée jeudi à l’audience, on entend d’abord des insultes proférées par le policier («Casse-toi connard »). Le policier affirme avoir donné deux gifles après avoir entendu : « Sac à merde », puis « Casse-toi toi ». Le manifestant nie avoir prononcé les mots « Sac à merde ». On voit le policier gifler le manifestant, dont la mère cherche à s’interposer.

Le policier a présenté ses excuses

Ce dossier « illustre parfaitement les rapports difficiles entre citoyens et forces de l’ordre », a souligné la procureure. « La défiance à l’égard des institutions est dangereuse, mais celle à l’égard des manifestants l’est tout autant », a-t-elle ajouté. Dans ses derniers mots, le prévenu a présenté ses excuses au manifestant. « J’ai admis avoir commis une erreur. Je vous présente sincèrement mes excuses, je n’ai jamais eu l’intention de vous blesser et ou de vous humilier. »

Depuis le début de leur mouvement de contestation sociale il y a un an, les « gilets jaunes » dénoncent régulièrement les « violences policières », l’usage des grenades et lanceurs de balles de défense (LBD) et certains ont porté plainte. Selon des chiffres communiqués le 7 novembre par le parquet de Paris, 212 enquêtes ont été confiées à Paris à l’IGPN, la « police des polices ». Parmi elles, 54 procédures ont été classées sans suite et 18 autres ont conduit à l’ouverture d’une information judiciaire.