Vienne : Un projet de ferme-usine de 1200 bovins reçoit un feu vert partiel de la Justice

JUSTICE La justice a notamment pointé les insuffisances du projet sur les équipements d’assainissement des eaux usées de la ferme géante en projet dans la Vienne

20 Minutes avec AFP

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La ferme-usine doit accueillir 1.200 bovins dans la Vienne.
La ferme-usine doit accueillir 1.200 bovins dans la Vienne. — LOU BENOIST / AFP
  • Un projet de centre d’engraissement de 1.200 taurillons dans la Vienne fait l’objet de controverses locales.
  • La cour administrative d’appel demande que le projet soit revu sans pointer d’insuffisances qui ne soient rectifiables.
  • Les promoteurs ont quatre mois pour régulariser leur dossier de permis de construire et d’autorisation environnementale.

Il doit être revu mais il n’est pas rejeté en bloc. Le projet controversé d’une ferme de 1.200 bovins dans la Vienne a reçu jeudi un feu vert partiel de la justice, qui a donné un sursis de quatre mois aux promoteurs pour régulariser le dossier de permis de construire et autorisation environnementale, porteurs « d’insuffisances ».

La cour administrative d’appel de Bordeaux était saisie du projet d’un centre d’engraissement de taurillons de 15.000 m2, comportant trois bâtiments étables couverts de panneaux photovoltaïques, associés à une usine de méthanisation, à l’écart du village de Coussay-les-Bois (1.000 habitants) près de Châtellerault.

Un « symbole de l’industrialisation de l’agriculture »

Le projet a suscité des oppositions locales, comme celle du maire de Coussay, de défenseurs de l’environnement, d’agriculteurs bio, arguant du risque sur la nappe phréatique, notamment par l’écoulement des eaux souillées, et remontés contre une « ferme usine », « symbole de l’industrialisation de l’agriculture ».

Les permis de construire des bâtiments et l’autorisation d’exploitation, accordés en 2015 et 2016, avaient été annulés par le tribunal administratif de Poitiers en 2017. L’exploitant et le constructeur avaient fait appel.

La cour administrative d’appel a estimé que les demandes de permis de construire comportaient des insuffisances « essentiellement concernant le raccordement du projet au réseau d’eau potable et d’électricité, ainsi que sur les équipements d’assainissement des eaux usées ». Les juges ont aussi considéré que le dossier de demande d’autorisation environnementale « ne comportait pas d’indications suffisamment précises et circonstanciées sur les capacités techniques et financières » de la société exploitante.

Des nuisances suffisamment anticipées

Toutefois, la cour a estimé que ces vices « étaient susceptibles de régularisation ». Elle a donc sursis à statuer sur la légalité des deux permis de construire et de l’autorisation environnementale, au terme d’un délai de quatre mois.

Pour autant la cour a écarté l’argument des opposants selon lequel le code de l’environnement aurait été méconnu, notant que le dossier de demande comporte « une série de mesures » que le promoteur « s’est engagé à respecter pour éviter une pollution des eaux souterraines ».

Elle estime aussi que l’étude d’impact, qui avait été complétée après avis de l’autorité environnementale, n’est pas entachée « d’insuffisance », relevant notamment que « les matériaux épandus seront majoritairement des digestats compostés », et tenant compte des caractéristiques du site, « éloigné des tiers » (à environ 700 m des plus proches habitations), « limitant ainsi les nuisances visuelles, olfactives et sonores » dont les effets ont été « suffisamment analysés ».