Aude : Une mère se bat pour que son fils de 4 ans ne retourne pas chez son père au Japon

JUSTICE La mère et son comité de soutien lancent un appel aux autorités françaises

N.B. avec AFP

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Un drapeau japonais (Illustration)
Un drapeau japonais (Illustration) — PESCALI/SINTESI/SIPA

La mère d'un garçon franco-japonais, dont la justice a ordonné le retour à Tokyo auprès de son père a lancé mercredi, avec son comité de soutien d'un village de l'Aude, un appel aux autorités françaises pour stopper la procédure en cours.

« Nous supplions le procureur de la République de Montpellier » en charge du dossier « de reconsidérer la situation de l'enfant », âgé de 4 ans, pour lui permettre de rester en France, a lancé lors d'une conférence de presse, à Salles-d'Aude, près de Narbonne, la présidente du comité de soutien, Magali Simmons. Invoquant le soutien de nombreux habitants de la commune, où la mère, Marine, s'est installée avec l'enfant, Louis, depuis 2018, Magali Simmons a aussi « supplié » Emmanuel Macron d'intervenir.

« Il veut me forcer à rentrer »

La cour de cassation avait rejeté en novembre un pourvoi de Marine contre une décision de la Cour d'appel de Toulouse ordonnant le retour de l'enfant au Japon en vertu de la Convention de la Haye. Le départ de Louis est prévu le 26 décembre, a précisé Magali Simmons à l'AFP. Selon sa mère, Louis est instrumentalisé par son père, un galeriste de 40 ans. « Il veut me forcer à rentrer et renoncer au divorce », a-t-elle dit à l'AFP, affirmant avoir été victime de violences conjugales durant leur vie au Japon.

Formatrice en langue, la mère dit être rentrée en France pour des vacances avec son fils avant de décider de divorcer et de ne pas rentrer au domicile familial avec Louis.

Le père « ne veut pas séparer Louis de sa mère »

Selon l'avocate du père, Hansu Yalaz, cela équivaut à une « soustraction à l'autorité parentale », ce sur quoi la justice française s'est fondée. Le père conteste par ailleurs les « allégations de violences pour lesquelles aucune preuve n'a été apportée », note-t-elle.

Selon cette avocate, le père « ne veut pas séparer Louis de sa mère », et est disposé à leur offrir un logement séparé à Tokyo. Marine et son comité de soutien arguent que la législation japonaise, qui ne reconnaît pas d'autorité parentale conjointe, et les règles du pays en matière de délivrance de visa, vont de fait soumettre au bon vouloir du père le maintien du lien entre la mère et l'enfant.

L'argument est rejeté par l'avocate du père, pour qui la mère, si elle rentre au Japon et y engage une procédure de divorce, pourra y faire valoir ses droits et ceux de l'enfant.