Corse: Le plus ancien détenu nationaliste est libre

PRISON Charles Santoni, condamné en 1999 à 28 ans de prison pour le meurtre d’un policier du Raid en 1996 à Ajaccio, est libre depuis mardi

20 Minutes avec AFP

— 

Charles Santoni purgeait sa peine au sein de la prison de Borgo, en Corse.
Charles Santoni purgeait sa peine au sein de la prison de Borgo, en Corse. — OLIVIER LABAN-MATTEI AFP
  • Charles Santoni, le plus ancien détenu nationaliste, a été libéré mardi de la prison de Borgo.
  • Il avait été condamné à 28 ans de prison pour le meurtre d’un policier du Raid en 1996 à Ajaccio.

Charles Santoni, le plus ancien détenu nationaliste corse, condamné en 1999 à 28 ans de réclusion pour le meurtre d’un policier du Raid en 1996 à Ajaccio, a été libéré mardi, a annoncé son avocat. L’homme a purgé sa peine « sans un jour de permission, (..) de bracelet, de semi, ni de conditionnelle. Sans concession politique de l’Etat, sans amnistie », a déclaré sur Twitter Me Emmanuel Mercinier-Pantalacci.

Charles Santoni était libérable en juillet 2019, après avoir purgé sa peine pour meurtre, mais sa détention a été rallongée par une nouvelle condamnation à six mois de prison ferme, en octobre 2017, par la cour d’appel de Bastia pour des menaces de mort sur une conseillère du service pénitentiaire d’insertion et de probation du centre pénitentiaire de Borgo (Haute-Corse).

« Plus ancien prisonnier politique corse »

L’association de soutien aux prisonniers dits « politiques » corses, Sulidarita, s’est félicitée de la libération du « plus ancien prisonnier politique corse ». « Carlu s’est toujours tenu debout, il n’a jamais renié son engagement nationaliste. Il a effectué la totalité de sa peine, sans solliciter d’aménagement, sans même demander de permission », a écrit l’association dans un communiqué.

Charles Santoni avait été condamné le 25 novembre 1999 par la cour d’assises spéciale de Paris à 28 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’un policier du Raid et deux tentatives de meurtre de policiers du Raid, le 16 avril 1996 à Ajaccio. Il avait ouvert le feu avec son ami Jean-Luc Orsoni, mort dans la fusillade, sur une voiture banalisée de la police dont ils auraient pris les occupants pour des tueurs, en plein conflit entre mouvances de l’ex-FLNC.

Il avait été, le 17 mars 2011, le premier détenu corse incarcéré sur le continent à être transféré à la prison de Borgo, à la suite des engagements du ministre de la Justice, Michel Mercier, en faveur du rapprochement des prisonniers insulaires de leurs proches.